Dimanche 18 janvier 2009
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Le MouvementTranscendantal vit le jour aux Etas-Unis,
conçu par quelques intellectuel, dont les plus connus furent le poète Ralph Emerson (1803-1882) et l'écrivain Henry
Thoreau(1817-1862).
Le petit groupe qu'ils créèrent s'intéressait à la religion, la philosophie, la litérature, etc...
Le Mouvement Transcendantal est, en quelque sorte, une dissidence de l'unitarisme, encore appelé socianisme, forme de christianisme ante-nicéen, niant la Trinité et la divinité de Jésus.
L'unitarisme est le lointain descendant de l'arianisme.
Présent surtout en Transylvanie, avec un séminaire à Cluj, l'unitarisme comprend des petits groupes un peu partout, surtout dans les
pays anglo-saxons, mais également en Europe ("Assemblée francophone des chrétiens unitariens" dont le siège est en France), et une revue que chacun peut trouver sur son ordinateur, "La besace des
unitariens".
Emerson lui-même était fils d'un pasteur unitarien, et devint pasteur à son tour durant quelques années. Croyant mais quelque peu rationaliste, il se mit en recherche d'un mouvement...
rationel.
Comme Thoreau il lut les philosophes allemands, Kant notamment. La thèse de celui-ci selon laquelle des idées étaient acquises par intuition et non par expérience séduisit des intellectuels
américains. Emerson voyait là la possibilité d'un mysticisme basé sur l'expérience individuelle.
Ainsi naquit la Transcendantalisme, qui affirmait que l'Etre Suprême était présent partout, en tout, et que chaque humain pouvait en faire l'expérience en s'unissant à la nature.
Le nouveau mouvement respectait infiniment les religions chrétiennes, catholiques, protestante, etc... mais également les religions orientales.
Le Transcendantalisme n'était pas constitué en Eglise ou groupement dogmatique. Ses membres se réunissaient régulièrement à Boston, chez un pasteur unitarien.
Les transcendantalistes créèrent une revue, "The Dial" (Le Cadran). Mais elle disparut après quatre années d'existence difficile en raison du peu d'intérêt de la population pour des idées trop
intellectuelles à son goût. Cependant elle avait eut le temps de faire connaître les idées orientales à quelques personnes.
Voila ce qu'y écrivit Emerson au sujet des religions non chrétiennes : " Chaque nation possède sa bible plus ou moins pure. Aucune n'a jusqu'à présent voulu ou pu, dans un esprit de
sagesse et de dévotion, lier la sienne avec celle des autres nations, et envoyer par le fond les partie historico-sociales et rituelles, pour rassembler les grandes expressions du sentiment moral
des différentes époques et races, les règles de conduite de la vie, les crises de piété et d'abandon à l'Invisible et l'Eternel."
Thoreau se retira dumonde, dans un chalet au bord d'un lac, afin d'expérimenter le transcendantalisme dans sa vie de tous les jours. Il vivait d'expédiants, cultivant la terre et exerçant
quelques petits boulots.
Cette expérience dura deux années, durant lesquelles il écrivit sa communion avec la nature, et sa pratique, irrégulière, du yoga.
Emerson, lui aussi attiré par les idées orientales, exprima celles-ci par des poèmes. Il était incomprit de la plupart des gens, notamment des pasteurs et prêtres des différentes Eglises, qui
considéraient que les poèmes dont question reflétaient l'athéisme allemand !
Les unitariens orthodoxes, eux-aussi, n'apprécièrent guère ces idées, et un de ses pasteurs, George Ripley, créa une communauté transcendantaliste. Les membres cultivaient la terre, ancètres de de
nos cultivateurs bios. La chose dura environ une quinzaine d'années.
Le Mouvement commença alors à décliner, et s'étiola. On peut considérer que l'Universalisme en est le descendant. Les universalistes se réunissent le dimanche pour un culte pratiquement sans
prières, avec beaucoup de chants et de musique instrumentale. Certains universalistes se sont joints aux unitariens, pour créer le mouvement unitarien universaliste, répandu surtout aux Etats-Unis,
avec quelques groupes minuscules en Europe.ce mouvement reconnait comme valables les religions tant occidentales qu'orientales. Il serait en expansion en Amérique tandis qu'il vivoterait dans
d'autres pays.
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Samedi 17 janvier 2009
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Les nations étant inévitablement plus bêtes que les individus,
toute pensée a le devoir de se sentir en révolte.
Alain
Heureux ceux sont qui sont persécutés
pour la Justice, car le royaume des cieux
est à eux.
Jésus
J'entends toujours parler de lois fondamentales; mais y en a-t-il ?
Oui, il y a celle d'être juste; et jamais fondement ne fut plus souvent ébranlé.
Voltaire
L'Egalité, premier voeu de la nature ! Premier besoin de l'homme,
et principal noeud de toute association légitime !
Babeuf
Je ne fais que traduire les sentiments intimes du peuple
en disant du cléricalisme ce qu'en disait un jour mon ami Peyrat
" Le cléricalisme, voilà l'ennemi ! "
Gambetta
Là où il n'y a le choix qu'entre la lâcheté et la violence, je conseillerai la violence...
Je cultive le courage tranquille de mourir sans tuer.
Mais qui n'a pas ce courage, je désire qu'il cultive l'art de tuer et d'être tué, plutôt que de fuir honteusement le
danger.
Gandhi
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Vendredi 16 janvier 2009
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Personnalité attachante, Pierre-Jospeh Proudhon (1809-1864), avant de devenir un des théoriciens de l'anarchisme, naquit (sic) au sein d'une famille plus que modeste d'artisans tonneliers, à
Besançon.
Comme je l'ai écris dans mon péché de vieillesse "L'Anarchisme, une utopie nécessairte?" (Labor éd.), Proudon étudie et cherche tout au long de sa vie, malgré les épreuvesqui tombent sur
luicomme la vérole sur le bas clergé.
Comme beacoup de militants ouvriers il exerce la profesion de typographe. Ayant obtenu une bourse de l'Académie de Besançon il s'en va alors pour Paris.
Il écrit la plus sulfureuse de ses brochures "Qu'est-ce que la propriété". Sa réponse est nette et sans bavure : C'est le vol ! Ensuite il y va d'un "Avertissement aux
propriétaires". Il est, pour cela, attrait devant un tribunal qui l'acquitte.
Il devient ensuite comptable à Lyon, avant de s'en retourner à Paris. où il écrit "La création de l'ordre dans l'humanité" et "Le système des contradictions économiques ou philosophie de la
misère", qui lui vaut une répliquecinglante et de mauvaise foi de Karl Marx : "Misère de la philosophie".
La même année il avait été fait maçon en la loge SPUCAR, Orient de Besançon. Lors de son interrogatoire, à la question "Quels sont vos devoirs envers Dieu" il avait répondu "Lui faire la
guerre!".
Plutôt pacifique il ne prend qu'une part toute relative à la Révolution de 1848. Assez curieusement il se laisse élire député par acclamations (!) ce qui lui épargne de courir de marchés
publics en réunions tardives pour se livrer au dur exercice du serrage de pinces. (op. c.).
Le Sarko de l'époque, Napoléon III, surnommé Badinguet, arrive aupouvoir par un coup d'état. Proudhon s'enfuit en Belgique, et réside quelques jours à Spa, mon patelin, où il fait la connaissance
du carbonari Félix Delhasse,militant de l'aile gauche du Parti libéral. Le mouvement carbonari avait été créé par Buonarotti, qui se voulait le continuateur des idées de Babeuf.
En Belgique il fréquente les loges maçonniques, notamment à Namur , et participe à la revue Le Monde Maçonnique.
Bien que non violent, il est un adversaire résolu de l'Etat. Individualiste il n'est pas contre une certaine propriété privée, qui nomme "possession". Il entend, grâce à la "possession", encourager
l'homme... au travail !
C'est un anti-collectiviste convaincu ce qui l'opposera, comme indiqué ci-avant, à Marx qui le traitait de "petit bourgeois", ce à quoi Proudhon répliquait au beau bardui, Marx, qu'il était le
"ténia du socialisme". Ambiance !
Proudhon prônait le fédéralisme, regroupement de coopérateurs, de communes et d'hommes unis par des contrats librement consentis.
Amusant : cet homme aux idées hardies, qui effrayait la bourgeoisie au teint vert, était un défenseur de la famille et des bonnes moeurs, ce qui va à l'encontre de l'opinion courante selon laquelle
les anars seraient de joyeux lurions se vautrant dans le stupre et la fornication...
Voila un extrait significatif de sa pensée, de son opposition à la violence : Peut-être conservez-vous encore l'opinion qu'aucune réforme n'est actuellement possible sans un coup
de main, sans ce qu'on appelait jadis une révolution, et qui n'est tout bonnement qu'une secousse. (...) Je crois que nous n'avons pas besoin de cela pour réussir; et qu'en conséquence nous ne
devons pas poser l'action révolutionnaire comme moyen de réforme sociale, parce que ce prétendu moyen serait tout simplement un appel à la force, à l'arbitraire, bref une contradiction. (...)
Je préfère donc faire brûler la propriété à petit feu, plutôt que de lui donner une nouvelle force, en faisant une Saint-Barthélemy des propriétaires. (Lettre à Marx, 1846).
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Jeudi 15 janvier 2009
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Des versets existent, certes, qui voudraient imposer la thèse selon laquelle Jésus était considéré comme Dieu par ses disciples. Notamment celui relatant que l'Apôtre Thomas mit le doigt
dans les plaies du Christ en s'écriant "Mon Seigneur et mon Dieu". Là aussi, manifestement, il s'agit d'une interpollation, c'est à dire d'un ajout pour les besoins de la cause.
Le Maître annonçait l'imminence du Royaume. Il n'a jamais prétendu qu'il l'établirait lui-même. Cette thèse de l'imminence du Royaume fut reprise par Paul dans un premier temps. Ensuite on
voit qu'il recule quelque peu l'échéance, de même que l'auteur des épitres attribuées à Pierre .
La parousie, le retour du Christ en gloire, inaugurant, soit un rêgne de mille ans de Jésus, soit l'enlêvement des "chrétiens" (qui n'étaient pas encore appelés ainsi), avant une domination de
Satandurant mille ans et la lutte entre "Gog et Magog", tardait elle aussi. Certaines Eglises, les Eglises de pentecôte par exemple, l'annoncent aujourd'hui comme devant arriver dans les temps
proches. La Parousie doit précéder l'établissement du Royaume et le rétablissement d'Israël dans ses droits.
Rien de cela n'est donc arrivé après la "montée de Jésus au ciel", et c'est pourquoi les fidèles du Maître ont créé des structures, et, finalement, l'Eglise est née avec Constantin. Depuis des
prêcheurs n'ont cessé d'annoncer le grand évènement. Un des derniers en date fut un évêque catholique canadien, Mgr Mathieu, qui annonça que le Christ allait revenir durant le mois de juillet 1993
(si mes souvenirs sont bons). Il devait être précédé, disait-il, de quatre jours d'obscurité totale.Les fidèles devaient donc se munir de bougies bénies et se confesser. Dans le monde des milliers
de catholiques attendirent vainement le retour du Jésus. Rome avait mit en garde les catholiques contre l'annonce de la parousie par ce prélat.
Le fameux verset "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise" ne tient pas debout. En effet, si, comme écrit ci-avant, Jésus annonçait le Royaume comme imminent, pourquoi aurait-il créé
une institution devant durer ? C'est le genre de verset qu'on qualifie "d'après Pâques".
Pour enrevenir à la Pâque juive, et à la soirée du "jeudi saint", Jésus aurait dit, avant de distribuer des fragment de pain et du vin "Ceci EST mon corps - ceci EST mon sang". Or, ni en hébreu, ni
en araméen, le verbe "être" ne se conjuge au présent... Qu'a-t-il donc réellement dit ?
Aux temps apostoliques, nous le savons, deux grandes tendances existaient : les fidèles de Jésus continuant à pratiquer le judaïsme et respectant la loi mosaïque (Pierre - Jacques le frère du
seigneur - Jean - etc...), et une autre ayant Paul à sa tête, qui, en excellent tacticien, avai tcompris qu'il fallait acepter dans ce qui n'était pas encore l'Eglise, des païens non circoncis, et
s'alimentant comme ils l'avaient toujours fait.
Les deux tendances s'opposèrent lors de ce qui fut appelé "le Concile de Jérusalem", qui était en fait une simple réunion pour faire le point etdiscuter des deux coneptions. Paul l'emporta et
ainsi la doctrine allait pouvoir s'exporter, ce qu'elle fit.
Au sujet de la virginité perpétuelle de Marie, puisque nous venons de citer Jacques le frère du Seigneur, il est bien écrit dans les Evangiles "Jésus fils premier né". Cela veut qu'il y en eut
d'autres... Jacques jouissait d'ailleurs d'un prestige plus grand que celui de Pierre (voir le Livre des Actes).
Je vous propose la lecture de ce qu'écrivait Jean Daniel dans le "Nouvel Observateur" (n° 35, hors série), il y a quelques années certes, ce qui n'enlève rien à la pertinence du texte :
(...) cette continuité rétablie entre le judaïsme et le christianisme en la personne de Jésus a renforcé le mouvement d'humanisation du Christ au détriment de sa divinité. (...) A partir de ce
moment là, Jésus devient au mieux un fondateur d'ordre, habité par une transcendance dont il ne serait pas issu. Il en a le rayonnement. Il en a l'autorité. Dans une société on ne peut plus
patriarcale, il invite ses disciples à abandonner leur père. Dans une tribu où le fils aîné a pour mission de fermer les yeux du père mourrant il proclame "Laissons les morts enterrer les morts".
Il incite les fidèles à se libérer de toute attache et à accéder à la disponibilité permanente. En fait il n'est peut-être pas le premier révolutionnaire, mais il est le premier Juif errant. Il ne
voit plus de racine qu'au ciel et c'est lui qui inaugure le grand dialogue de la modernité entre la terrible absence de Dieu et la tenace quête du divin.
Sur la base de la prédication de Jésus, dont on ne sait finalement pasbeaucoup de choses, sinon le sens, on créa l'Inquisition. Mais aussi s'attachèrent à ce personnage que j'ai la
faiblesse de croire historique, des hommes comme François d'Assise, Vincent de Paul, l'abbé Pierre, Mère Thérésa, soeur Emmanuelle, William Booth fondateur de l'Armée du salut, Albert Schweitzer le
pasteur-médecin de Lambaréné, Martin Luther King et tant d'autres anonymes dont l'histoire n'a pas retenu le nom.
Hélas, en ce début de XXIe siècle, c'est le fondamentlisme protestant qui engrange les conversion "à tire la rigo". C'est ainsi qu'en Amérique Latine, on estime que dans une vingtained'années il y
aura plus d'évangéliques que de catholiques ! Ce qui a fait dire que Jean-Paul II craignait, pour cette partie du monde, la victoire de Marx, mais que c'est Luther qui est arrivé ! L'Afrique
n'échappe pas au phénomène, et même en Europe les protestants évangéliques vont devenit plus nombreux que les "classiques" et les libéraux.
L'Humanisme est en danger. Si, à Dieu ne plaise (!), la frange la plus réactionnaire du christianisme devait devenir majoritaire, la démocratie paierait la note, et la paierait chère. Le
créationnisme serait à nouveau enseigné, comme dans certaines écoles des Etats-Unis, l'homophobie serait la règle, l'intolérance serait érigée en vertu, et les générations futures auraient une QI
identique à celui d'une huitre !
Pour terminer je me permet de conseiller la lecture de deux ouvrages : "Chalom Jésus ! Lettre d'un rabbin d'aujourd'hui au rabbi de Nazareth" de Jacques Grunewald, Albin Michel éd. - et "Jésus
rendu aux siens. Enquête en Israël sur une énigme de vingt siècles". de Salomon Malka, Albin Michel éd.
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Mercredi 14 janvier 2009
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Grande, immense question,
que se posent des millions d'hommes, ce y compris de nombreux chrétiens.
Une enquête menée il y a quelques années, par le Nouvel Observateur, avait démontré que les catholiques pratiquants réguleirs étaient 21% à ne pas croire en la divinité du Christ ! Pour
l'ensemble des français, 48%.
Pire, 10% des catholiques pratiquants estimaient alors (le pourcentage a-t-il changé? Si oui, certainement pas en faveur de la thèse chrétienne "classique") que Jésus était un illuminé !
Si nous admettons que l'homme de Nazareth fut juif, ce qui relève de la certitude, les musulmans le révèrent comme un grand prophète ne disent pas autre chose, il reste à se demander à quelle
"secte" il appartenait.
Il y en avaient alors quatre : les saducéens, parmi lesquels était choisit le grand prêtre du Temple de Jérusalem, et qui ne croyaient pas en la survie - les pharisiens, qui observaient strictement
la loi mosaïque, et s'adonnaient à l'étude - les esséniens, qui pensaient être les plus purs parmi les purs, et qui vivaient en cénobytes - les zélottes, que l'occupation romaine mettaient en rage,
et qui peuvent être considérés comme des résistants.
Certains auteurs affirment que Jésus fut essénien, mais cette thèse est minoritaire aujourd'hui, après avoir connu un certains succès, à défaut d'un succès certain. Zélotte, certainement pas.
Saducéen non plus, car il croyait en la résurrection des morts. Il reste alors qu'il fut pharisien, même si les Evangiles le montre enguirlandant ses coreligionnaires.
Il faut savoir que les pharisiens, s'ils étaient juifs de stricte observance mosaïque, n'étaient pas les caractériels intolérants que nous décrit, par exemple, Matthieu l'évangéliste. Il suffit de
lire le Talmud pour s'en convaincre.
Les israélites d'aujourd'hui sont les descendants des pharisiens, les autres tendances du judaïsme ayant disparu après la destruction du Temple en 70 de notre ère.
S'il est, et s'il fut toujours un blasphème pour les juifs, c'est de croire que YHWH (Dieu, qui est innomable), puisse s'incarner. Jésus, juif, qui prenait la parole dans les synagogues
pharisiennes, ne pouvait croire qu'il était l'incarnation du Tout-Puissant.
Bien sûr, il parle d'abondance de son Père. Mais tous les hommes, dans l'optique monothéiste, ne sont-ils pas fils du Père ? On fera abserver que certains versets font dire à Jésus "qui m'a vu a vu
le Père" (verset prit parmi d'autres). Mais les Evangiles ayant été écrits plusieurs décennies après sa mort, sur base de récits oraux, on peut légitimement se demander si de tels paroles n'ont pas
été ajoutées par les rédacteurs de Evangiles, ou même, plus tard, par des copistes zêlés.
Le cri poussé sur la croix "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?" va a contrario des affirmations de sa divinité.
Se crut-il investi d'une mission par le Père ? Probablement. Sinon il n'eut pas prit, par exemple, le risque de monter à Jérusalem pour la Pâque alors que bon nombre de ses coreligionnaires ne le
suivaient pas, et que les romains, très certainement, commençaient à penser qu'il était un semeur de troubles.
Au sujet de cette montée à Jérusalem, au cours de laquelle on nous le montre reçu comme un roi par la population, aux cris de "Vive le fils de David" (traduction libre), est plus que sûrement un
des nombreux ajouts à sa biographie. En effet, si la foule l'acclamait, pourquoi ne s'est-elle pas révoltée lorsqu'il fut condamné et exécuté ? Bien au contraire il fut l'objet de sarcasmes et
d'injures !
Les Evangiles, textes respectables s'il en fut jamais, font état, néanmoins, d'évênements hautement contestables sur le plan historique.
Un exemple parmi d'autres : lorsque les "rois mages" annoncent à Hérode qu'un roi est né, celui-ci craint pour son trône. Il décide alors de faire occire les enfants mâles de moins de deux ans. Or,
un tel génocide n'est pas relevé par l'historien Flavius Joseph, juif converti à la foi romaine, et qui haïssait Hérode...
Les filiations qui tendent à montrer que Jésus est descendant de David sont différentes chez Matthieu et chez Luc.
Les récits de la Passion et de la résurrection sont différents chez les évangélistes ! Pire : Jésus avait annoncé sa résurrection le troisième jour, et lorsque les femmes qui s'étaient présentées
au tombeau accourent dire aux Apôtres que celui-ci est vide, Pierre vient vérifier ! Avait-il oublié ce que le Maître avait annoncé ?
Nous en resterons là quant aux évènements peu crédibles et aux contradictions, ils ne prouvent nullement que le Christ n'a pas existé, n'en déplaise à Alfaric, Las Vergnas, etc...
En fait, le premier a affirmer que Jésus était le Christ, le Sauveur, est Paul, qui écrivit ces épitres, dont on est de moins en moins sûrs qu'elles soient toutes de lui, avant que ne le soient les
Evangiles.
C'est également Paul qui crééa la doctrine selon laquelle il faut croire que Jésus est venu pour mourrir sur la croix, condition exigée par son Père pour "effacer le péché originel, et de son Père
apaiser le courroux" (chant du "Minuit chrétiens" dont les paroles furent écrites par un franc-maçon, Antoine Adam !). Comme l'écrivit Diderot "qui voudrait d'un pareil père?".
Paul créa donc la christologie qui, jusqu'au IXe siècle, fera débat au sein de l'Eglise entre ceux qui affirmaient que Jésus était homme plus que Dieu - Dieu plus qu'homme - Dieu et homme en une
seule nature - Dieu et également homme, thèse qui finit par l'emporter.
A S U I V R E
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