Nostalgie ...

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Une fois n'est pas coutume : j'ai décidé d'écrire quelques lignes sur ma prime jeunesse, et les bons moments passés avec "les anciens", en l'occurence pour la plupart des travailleurs combatifs, et qui s'adonnaient à des plisirs sains.

Mes grands-parents tenaient commerce dans le patelin de Spa (Ardennes belges). Dans un magasin à la surface réduite ils vendaient des oiseaux, indigènes et exotiques, des graines pour les nourrir, des grains pour basse-cour et pigeons de concours, des graines potagères.

La télévision n'avait pas encore fait ses ravages : les gens se parlaient à l'époque. Le soir tombé, les adeptes de la colombophilie et de la tenderie aux oiseaux se réunissaient à quelques uns autour d'une cafetière et, rarement, d'une bouteille de pèket (genièvre), dans la seule place du res-de-chaussée, la cuisine, qui sentait bon l'encaustique et "le noir café".

Aussi bizare que la chose puisse paraître, ces amateurs d'oiseaux étaient des écologistes avant la lettre. Ils dénonçaient, bien avant Hulot et les autres, les méfaits des pesticides, des engrais  fongicides, etc... Ils savient, eux, que la capture des oiseaux migrateurs n'étaient pas la cause de leur diminution prenant chaque année des proportions plus grandes. Mais les bourgeois n'aimaient pas les "tendeurs", car un oiseau chante, alors qu'ils considéraient les pêcheurs comme de braves gens, un poisson fermant sa gueule, même au bout de l'hameçon!
Il me souvient que la capture des alouettes fut interdite en 1950 et...  que leur nombre coninua à diminuer !

Les amateurs d'oiseaux soignaient leur pensionnaires, lesquels, cela a été prouvé, vivaient bien plus longtemps en captivité qu'en liberté. Les plus convoités parmi les passereaux étaient les chardonnerets, les bouvreuils et les pinsons. Ces derniers participaient à des joutes de chants. Celui qui avait "donné le plus grand nombre de coups" était proclamé vainqueur et, fier comme Artaban, le propiétaire arborait une fleur en papier huilé sur la cage en revenant du concours. Dieu merci, depuis 1920 il était interdit d'aveugler les pinsons. ce qui n'empêche que de vertueux défenseurs de la nature affirment que cette pratique barbare est toutjours d'actualité. Ce sont les mêmes qui ne s'indignent pas, rétrospectivement, du fait que des enfants de huit ans descendaient dans la mine... Une indigantion sélective en quelque sorte.
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Dans la cuisine de mèmère les discussions les plus vives avaient lieu entre colombophiles, qui
sont appelés, en patois de la région, "colèbeux". Les mérites respectifs "du bleu", du "mayeté" (plumage tacheté) et d'autres encore, amenaient ces colèbeux, braves gens pourtant, à s'invectiver. Ma grand-mère, femme menue mais de caractère, mettait fin bien vite aux "margailles" (disputes). Parfois l'un ou l'autre, qui avait exagéré dans la consommation du pèket s'entendait intimer l'ordre de sortir pour ne revenir que le lendemain, et en s'excusant.

Combien de fois n'ais-je pas mangé un "colon" (pigeon), accompagne de "peus d'sucre" (petits pois). Un régal! Toutefois une consommation exagérée de ce volatile pouvait mener, disait-on des problèmes de peau, voire, étant donné la valeur énergétique de cette viande, à des problèmes d'activités sexuelles exagérées et peu appréciées des épouses. Une fois la semine, soit, trois par jour, non!

Depuis longtemps les colèbeux sont de moins en moins nombreux. Et la tenderie a été interdite. Malgré cette dernière mesure, on ne voit quasiment plus certaines espèces d'oiseaux : le serin-cini, la linotte, le bouvreuil, unes des causes. Les nids des maheureux petits oiseaux qui enchantaient nos campagnes sont pillés par les "aguesses" (pies). Mais, attention : la pie est considérée comme oiseau protégé. Quelques soient les dégats commis.

Depuis quelques années, les cormorans et les hérons, qui se multiplient comme des délocalisations d'unsines, transforment les étangs en déserts aquatiques. Rien que dans la région de la Huate Meuse (frontière hollandaise) en estime à 4.000 kgs la perte annuelle (et cela ne fait qu'augmenter) de gardons, ablettes, etc. Quant aux poissons plus gros ils sont blessés, ne pouvant être avalés, et crèvent quelques semaines plus tard... Voilà à quoi sont arrivés les écoloterroristes, à ne pas confondre avec les vrais écologistes, lesquels ont les yeux en face des trous.
Il y a une éternité que je n'ai plus respiré l'odeur, des prairies où, cachés par des "houbottes" (petits abris confectionnés avec des banches), nous attendions avec patience de pouvoir en capturer quelques migrateurs. Peu nombreux étaient ceux qui nous parvenions à faire se poser dans le "herna" (filet à deux toiles) ou le "rihè" (une toile). Figurez-vous que nous étions des assassins condamnés par ceux qui achetaient aux braconiers des pattes de grenouills arrachées aux pauvres batraciens, que les  dits braconiers ne prenaient pas la peine de tuer et qui agonisaient durant plusieurs jours!

Il m'arrive parfois de me promener dans ces prairies, et j'ai encore dans la bouche le goût des tartines de "maquée" (fromage blanc) et du café noir sucré, que préparait Adolphine, ma grand-mère, et que Joseph, mon grand-père et moi dégustions avec bonheur. Foutre du caviar bélouga. Il ne fait pas le poids, comparé à une tartine de maquée salée et poivrée.

Il ne me reste plus que ce souvenirgastronomique.  Je n'entends pratiquement plus le chant des chardonnerets, bouvreuils, de linotte, etc. Par contre les pies j'en compte par dizaines. Bien grasses, gavées d'oeufs et de jeunes oiseaux... Et j'enrage. Oui, j'enrage, nom de Zeus ! Contre les protectionnistes imbéciles, tels cette vieille culotte de peau qui est descendu maitenant aux enfers, dans l'étang de soufre et de feu qui ne s'éteint jamais (voir la Bible), et qui écrivait les pires choses, aveuglé qu'il était par ses préjugés. Préjugés partagés par des animatrices d'émissions animalières, qui n'avaient jamais mis les pieds dans un pré, et n'avaient jamais vu les gens modestes s'adonner à leur passe-temps favori. Par contre, les chasseurs sont épargnés. tant mieux pour eux, mais comme disait Caliméro (vous vous souvenez?) "C'est trop injuste!".

Je donnerais gros pour pouvoir encore passer quelques heures dans la houbotte avec grand-père. Je me ferais damner pour manger les tartines de maquée de grand-mère Adolphine. C'est con, mais en écrivant cela les larmes me montent aux yeux. Et, pour paraphraser Frédéric Dar, "si j'avais su que jeles aimais tant, je les aurais aimés plus encore...".

Une dernière chose : vous qui aimez les oiseaux, n'utilisez pas, de grâce, les herbicides au printemps. Ce sont des nichées détruites, car les oiseaux se régalent des insectes tués par de ce poison, et en nourrissent leur progéniture.

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Stéphane 09/10/2008 05:25

A Jacques,
Merci pour cette évocation.

A Harmonie,
Tu as parfaitement raison.

En ce qui nous concerne, nous sommes passés à l'électricité solaire. Bien sûr, cela implique quelques sacrifices financiers, mais bon, se dire qu'au moindre rayon de soleil, on produit et que nos soussous n'iront plus dans les popoches sans fond des multinationales.

Quant à l'achat de fruits et légumes de saison, produits localement, c'est une évidence. Evidemment, nous avons la chance d'avoir à quelques kilomètres de chez nous et un magasin bio et une ferme qui produit en biodynamie.

A Christian,
J'ai un ami qui m'a raconté, à propos de Dexia, une histoire édifiante. L'une de ses relations voulait faire une prêt hypothécaire pour une partie du prix de la maison qu'elle désirait acheter, possédant déjà des fonds propres. Son banquier lui a simplement proposé de placer son argent et d'emprunter 100 % du montant de son achat, lui affirmant que ça lui rapporterait bien plus !!!

Christian 07/10/2008 22:41

Tout a fait d'accord avec Harmonie ! A 100 % ! Je suis "en guerre" avec mon banquedit "Dexia". Il y a plus d'un an que ce triste personnage m'a ri au nez quand je lui disais qu'ils prenaient des risques inconsidérés (avec mon argent péniblement gagné en travaillant) et que la décroissance arrive; qu'il faut tabler sur cela et changer de cap avec du durable... Et bien nous y sommes et tout le monde a l'air de pleurer ! Je me souviens des mots du banquedit: "Mais non, cela n'est pas possible". Et dire que Dexia a été nominé 8° banque la plus sûre du monde ! Maintenant, avec leur système débile de faire de l'argent pour faire de l'argent à tout prix, les voici en faillite. Et maintenant, il va bien falloir que l'on apprenne à vivre autrement. Moi, je m'en fiche, je m'y suis préparé, il y a belle lurette que je conçois la vie comme "Harmonie"

Harmonie 07/10/2008 18:45

@ nicolas dupond. Je crois que vous avez une vision faussée de ce qu'est la décroissance prônée par les écologistes.
En fait, vous reprenez les arguments des antidécroissance, qui eux-mêmes n'ont jamais pris la peine de s'intéresser sérieusement à cette idée.

La décroissance part d'un principe qui peut certes sembler basique, mais qui n'en est pas moins vrai : avec des ressources limitées, il est impossible d'avoir une croissance illimitée. Il va nécessairement arrivé un moment où on atteindra les limites possibles de la croissance (et à voir les taux actuels, on s'en rapproche dangereusement).
La question étant : doit-on tirer ce système basé sur la croissance jusqu'à ses extrêmes limites, et attendre qu'il s'effondre, ce qui ne peut se faire sans énormes dégâts sur les sociétés, ou entrer dans une phase de transition qui amènerait progressivement à une décroissance, c'est-à-dire une moindre consommation des ressources, jusqu'à atteindre un équilibre (je consomme autant que je produis de ressources).
Effectivement, pour atteindre cet équilibre, et vu la surexploitation actuelle des ressources, cela impliquerait sans doute une période, où l'on planterait bien plus d'arbres que l'on en abattrait par exemple...
c'est sûr que c'est une conception à l'opposée de l'actuelle.

Mais "revenir à la préhistoire" ?!
Mais la préhistoire est parfaitement antidécroissante ! Vous imaginez la consommation en bois de chauffage par exemple ? Ça allait à la préhistoire parce que les groupes humains étaient peu nombreux, mais avec l'humanité actuelle, ce serait de la folie !
La décroissance implique au contraire le recours aux nouvelles technologies. on sait aujourd'hui construire des maisons qui produisent plus d'énergie qu'elles n'en consomment. Seulement, ces maisons coûtent bien plus cher à la construction. Mais elles ont tout le confort moderne, je vous assure !

Moins de production n'implique pas moins de travailleurs. Aujourd'hui, les hommes sont souvent remplacés par des machines qui consomment énormément. Fournir des emplois à dees humains, c'est bien plus décroissant...
La décroissance implique l'utilisation de circuits courts de production : je ne vais pas acheter des fruits venus de l'autre bout du monde, mais ceux du verger d'à côté. Cette production locale et non plus regroupée implique la création d'emplois.
Et puis il faudra bien des gens spécialisés dans ces nouvelles technologies. il faudra des ingénieurs, des ouvriers pour construirent les panneaux solaires ou autre.
Ce ne sont pas des emplois dans l'industrie automobile, c'est sûr. Ce ne seront pas les mêmes secteurs qui se développeront. Mais il est faux de dire que la décroissance impliquera le chômage.

La décroissance lutte contre cette notion de rentabilité. Ou plutôt, elle la pondère, en y incluant le prix des dégâts environnementaux (par exemple si vous incluer le prix du retraitement des déchets nuclaires dans le prix de l'électricité sorti de la centrale, vous vous apercevez que le nucléaire est BEAUCOUP moins rentable que l'éolien...). produire plus que l'on ne peut consommer, cela veut dire créer des déchets en trop. Donc c'est moins rentable dans l'idée décroissante...

Et l'Afghanistan ne ressemble en rien à un pays décroissant...

nicolas dupond 07/10/2008 11:18

Encore un thème politiquement incorrect abordé: celui des écolos bobos ou écolos des villes ne connaissant rien notamment aux chaînes alimentaires naturelles et causant par là des catastrophes.

Et que penser des écolos "new age" pronant la décroissance (= produire moins ou pas du tout). Veulent ils revivre comme les hommes préhistoriques?

Sans compter que cela développera encore plus la paupérisation (moins de production= moins de travailleurs: les Hommes ne vont pas devenir sage pour autant et la rentabilité sera encore à l'ordre du jour.)

Remarque, ils peuvent aller en Afghanistan, pays qui semble répondre à leur modèle économique.

Je suis pour la croissance durable mais la décroissance, faut pas éxagérer!!!