Sébastien Faure (suite)

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Suite aux attentats et manifestations diverses, les bourgeois font dans leur froc. Aussi ils font vôter par leurs valets de droite et du centre, siégeant au Palais Bourbon, une loi contre le mouvement anarchiste,et ce  le 28 juillet 1894.

S'ouvre alors le célèbre  procès dit "des Trente" (anarchistes pour la plupart). Outre Sébast, figurent au banc d'infamie Félix Fénéon,Jean Grave, Constant Martin, etc.  Rien que du beau monde.
C'est Fénéon qui est la vedette  de ces débats, car le président, qui craint certainement la colère des militants, est d'une médiocrité rare. Les rosseries de Félix font rire le public et rougir tant le président que l'avocat général à qui, après trois semaine de procès, un huissier apporte une missive qui contient... des excréments dont nous ne saurons jamais s'ils provenaient d'humains ou d'animaux. Le digne magistrat demande une suspension d'audience "pour pouvoir se laver les mains". C'est alors que Fénéon s'exclame Depuis Ponce-Pilate on ne s'était jamais lavé les mains avec autant d'emphase! 

Les défenseurs ont la tâche facile, car les accusations portées contre les trente accusés sont particulièrement minces, voire grotesques. L'intervention de Sébastien Faure fait pleurer certains membres du jury. Le président est désemparé et ne sait ou porter ses regards.
Le 13 août le verdict tombe : deux accusés sont condamnés pour vol et les autre sont acquittés. Le tribunal est dépité, et ses membres sortent la tête basse, et la queue entre les jambes comme des roquets ayant reçu un coup de pied au c.. !

C'est ensuite l'affaire Dreyfus. Celui-ci, en tant qu'officier, n'est guère apprécié des anarchistes. Mais, parce qu'il défend la Justice, Faure entre dans la bagarre avec un bon nombre de compagnons. C'est l'occasion, en effet, de combattre le militarisme et la "justice" militaire dont Clemenceau dira elle est à la Justice ce que la musique militaire est à la musique!

L'Eglise se lance à fond dans le combat anti- Dreyfusard. La presse cléricale se montre odieuse. L'alliance, une fois de plus, du coupe-chou et du goupillon.
Sébast participe à des dizaines de réunions. Des bagarres ont lieu parfois aucours de celles-ci.  "Le Libertaire", qu'il a créé ne suffisant pas à son goût il crée également "Le Journal du Peuple" auquel collaborent Aristide Briant, le protestant Francis de Pressencé, Zévaco, Mirbeau, Tailhade et d'autres encore.
Le 20 août 1899 une manifestation dégénère, par suite des provocations de la préfecture de police qui veut l'interdire. Les échanges de horions et de coups de matraque vont durer jusque tard dans la nuit. Plus d'une centaine de policiers prennent la trempe de leur vie...

Les mésaventures tragiques du capitaine Dreyfus sont trop connues pour que pour y revenir. Il sera finalement, après avoir connu la relégation, déclaré innocent et décoré de la Légion d'honneur.

Entretemps Sébast est devenu franc-maçon. A notre grande honte nous n'avons pu savoir dans quelle loge il fut reçu, ce qui, finalement, n'a pas grande importance.
Notre homme fonde une école libertaire, "La Ruche" qui disparaîtra avec la grande boucherie organisée de concert par Guilleaume II et le gouvernement français.
Voyant venir les choses il demande au Grand Orient de France de se prononcer contre la guerre . Il se heurte à une fin de non recevoir. Il ne remettra jamaisi plus les pieds dans une loge. La maçonnerie perd un de ses membres à l'immense
talent d'orateur. Talent que la droite elle-même reconnait.

Durant les hostilités Faure reste ce qu'il a toujours été, un adversaire de la guerre. De toutes les guerres. Il cessera, afin d'éviter que les militants ne soient arrêtés comme le ministre de l'Intérieur l'a promis, d'éditer quoi que se soit.

La guerre terminée il se lance dans la grande avaneture de "l' Encyclopédie anarchiste". Trois mille pages ! Mais il sent venir la "der des ders des ders" . Il est conscient, comme on peut se l'imaginer, des dangers qui se pointent à l'horizon, après la tragédie espagnole.

La seconde guerre mondiale déclarée l'attriste . Peut-être certaines de ses illusions sur  l'homme s'envolent-elles croient certainement alors quelques uns. Certainement pas ! Il écrit Les atrocités de la guerre, les ruines matérielles, intellectuelles et morales, les souffrances et les misères qui lui font escorte viendront ajouter des arguments à ceux que nous possédions avant la désastreuse tourmente. (...) Espoir, confiance ! 

Sébastien Faure ne verra pas la fin de la guerre. Il décède en 1942, sans avoir jamais désespéré de la victoire finale, la seule qui compte, celle de la Raison qui, un jour, éliminera les conflits, soclialisme autoritaire et capitalisme ayant disparu dans les poubelles de l'histoire...

Entre-temps rien ne lui aura été épargné. Une jeune fille avait été payée pourl'accuser, et faire
condamner pour attentat à la pudeurcet homme que respectaient ceux qui le connaissaient.La "pure jeune fille était en fait une catin!  Il s'en remit difficilement, envisageant de se retirer de la vie militante. La sollicitude et l'affection de ses amis l'en empêcheront, Dieu (sic) merci. Mais ceci démontre que les adversaires de ceux qui croient à la Justice et veulent voir s'établir son règne, ne reculent devant rien...


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