Quand la France fusillait ses soldats

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La Fédération nationale de la Libre-pensée (France) a publié un "article" sur son site, le 14 octobre,  Réhabilitation des fusillés pour l'exemple - France cilture - dimanche 12 octobre 2008.

Le monde étant ce qu'il est, je doute fort du taux d'audience d'une station radio dédiée à la diffusion de la culture. Mes opinions, à gauche de la gauche électoraliste, sont connues. Il n'empêche que j'ose écrire que l'immense majorité des gens préfère la confiture à la culture. De même pour la musique classique diffusée en Belgique par la RTBF 3e programme. 
Triste réalité : l'école ne prépare pas les jeunes à goûter à ce qu'il y a de plus beau au monde : la Fraternité, la Culture. Elle ne joue pas son rôle. On ne lui en donne pas les moyens il est vrai. Les livres d'histoire, en Belgique, ont pratiquement disparu, et sont remplacés par des feuilles distribuées aux élèves. C'est ainsi, pour prendre un exemple, que le plus jeune de mes fils est rentré de l'école, il avait une quinzaine d'années, avec une feuille format A4, recto-verso, qui était censée faire comprendre ce que fut la Réforme au XVIe siècle !

Mais j'en reviens à ces héros que furent les mutins de 1917, dont certains furent condamnés par la justice militaire, cette justice dont Clemenceau disait "qu'elle était à la justice ce que la musique militaire est à la musique". Il n'empêche que "le Tigre" rétorqua un jour à un avocat chargé de la défense d'un poilu condamné à à mort "si je vous comprend bien, votre ce soldat n'est qu'à moitié coupable Six balles alors suffiront!".

Tout le monde sait dans quelles conditions survivaient les pauvres troufions (ce n'est pas une injure sous ma plume), dans les tranchées : le froid, l'humidité, les poux, la cuisine dégueulasse, mais encore et surtout les assauts ordonnés par des généraux du style Nivelle, cet incapable sans pitié dont certains osèrent dire plus tard "Nivelle c'est du bon Pétain". Ces assauts, pour prendre ou reprendre un boût de terrain causaient des pertes énormes. Parfois ne revenaient de ces boucheries qu'une petite minorité de pauvres hères hagards, qui devraient, le lendemain, recommencer...

En 1917 des mutineries éclatèrent. Des tracts pacifistes avaient été distribués, mais en nombre limité, et effectivement des soldats refusèrent de continuer à participer encore à des attaques sans importance stratégiques.  Certains se tirrèrent une balle dans le pied pour être évacués.

L'Etat-major, composé de culottes de peau indignes du titre d'hommes, s'indigna. Clemenceau les suivit, et alors commencèrent les simulacres de procès qui conduisirent presque tous les accusés au peloton d'exécution. Parmi les condamnés figuraient des hommes qui avaient été assomés lors d'un assaut, par des pierres soulevées par les tirs des canons allemands .Leur casque n'avait pas suffit à les protéger. "Peine de mort!". Le verdict tombait et était sans appel.

Mais il ne faut pas croire que la France eut le monopole des exécutions pour l'exemple.  L'Italie fit de même. Et c'est l'occasion ici de rendre hommage à douze héros magnifiques qui retournèrent leurs armes vers l'officier commandant le peloton d'exécution dont ils faisaient partie. Ce véritable fait d'armes fit l'objet, il y a trois ou quatre ans, dans une publication belge laquelle, hélas, ne dit pas ce qu'il advint de ces douze apôtres de la Justice.

Marc Blondel, président de la Fédération française de Libre-pensée me pardonnera si je "pèche" un extrait de son exposé en faveur de la réhabilitation des "fusillés français pour l'exemple" . Il s'agit de la lettre d'un soldat qui avait échappé à l'enfer des tranchées : J'étais libre après cinquante-quatre mois d'esclavage! J'échappais enfin des griffes du militarisme à qui je vouais une haine farouche. Cette haine je chercherai à l'inculquer à mes enfants, à mes amis, à mes proches. Je leur dirai que la Patrie, la Gloire, l'honneur militaire, les lauriers, ne sont que de vains mots destinés à masquer ce que la guerre a d'effroyablement horrible, laid et cruel".

La Libre-pensée - l'Association républicaine des anciens combattants - la Ligue des droits de l'homme - l'Union pacifiste - se sont mobilisées pour que soient reconnus comme anciens combattants à part entière ces hommes condamnés à mort par des assassins en uniforme. La campagne qu'elles mènent doit être soutenue par tous les démocrates de France.

Il est vrai qu'il y eut des situations où il n'était pas possible de ne pas réagir pour défendre la liberté, notamment lors de la dernière guerre. La Résistance, tant intérieure qu'extérieure, étaitt nécessaire. Il y allait de la survie de la démocratie qui passait par la défaite du nazisme et du fascisme. Honneur à ceux qui payèrent de leur vie leur engagement dans cette Résistance. Honneur à Jean Moulin - Pierre Brossolette - Estienne d'Orves - et tant d'anonymes dont l'histoire, hélas, ne retiendra pas le nom. Mais, comme l'ont fait des généraux durant la guere 1914-1918, envoyer des pauvres types se faire massacrer inutilement constituaient des actes barbares, car las assauts meurtiers ordonnés étaient inutiles et ne pouvaient aboutir qu'à des massacres.

Il est plus que temps que ces mutins-héros soient réhabilités et honorés comme ils le méritent. Hélas, les crimes ont eu lieu et leur réhabilitation sera une mince consolation pour leurs familles.

Qui a dit "On ne meurt pas pour la patrie, mais pour les industriels" ? J'avoue avoir oublié son nom, mais il avait raison. Les guerres enrichissent toujours une minorités de planqués déja fortunés, et qui le deviennent encore plus une fois le conflit terminé.

Vive la Paix - guerre à la guerre !

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Jacques Cécius 17/10/2008 15:29

Merci Nicolas pour ces précisions bien intéressantes.

nicolas dupond 17/10/2008 14:25

Un article de Wikipédia sur les croix fléchées:

"Le Parti des Croix fléchées (en hongrois: Nyilaskeresztes Part Hungarista Mozgalom) est un parti politique hongrois fasciste, pro-germanique, antisémite, dirigé par Ferenc Szálasi, qui gouverna la Hongrie du 15 octobre 1944 à janvier 1945. Les Croix fléchées soutinrent de tout temps Hitler, jusqu'en octobre 1944 où celui-ci, perdant son influence sur le régent Horthy, leur ordonna de prendre le pouvoir. Pendant l'occupation de Budapest par l'Armée rouge, ils sont traqués et jugés par des tribunaux de fortunes, comme leur homologues un peu partout en Europe.

Après la fin de la guerre, Szálasi et d'autres dirigeants des Croix fléchées ont été jugés en tant que criminels de guerre par les tribunaux hongrois.


Historique
Le parti est fondé en 1935 par Szálasi en tant que Parti de la volonté nationale mais fut interdit deux ans après pour son radicalisme. Il fut reconstitué en tant que Parti des Croix fléchées, modelé sur le parti national-socialiste allemand : Son iconographie est similaire à celle des nationaux-socialistes allemands; L'emblème des Croix Fléchées est un ancien symbole des tribus magyares, et qui représentent la pureté de la race hongroise, comme les Aryens représentent la pureté de la race allemande pour les nationaux-socialistes.

L'idéologie du parti est similaire à celle des nationaux-socialistes: nationalisme, promotion de l'agriculture, anti-capitalisme et anti-communisme, et antisémitisme profond. Elle souscrit également à l'idée d'une race supérieure qui, selon les vues de Szálasi, inclurait les Hongrois, les Allemands et les Japonais, et à une conception de l'ordre basée sur le droit du plus fort - Ce que Szálasi appellera « réalisme étatique brutal ». Les Croix Fléchées professaient un "co-nationalisme" fondé sur la coexistence pacifique des affirmations nationales cote à cote.

Aux élections de mai 1939, le parti obtint plus de 25% des voix ainsi que 30 sièges au parlement hongrois devenant ainsi un des partis les plus puissants de Hongrie. Le mouvement avait une base ouvrière importante notamment chez les mineurs.

Après la guerre, de nombreux dirigeants des Croix fléchées furent capturés et jugés pour crimes de guerre. Beaucoup, y compris Szálasi, furent exécutés."

En somme un parti nazi.

nicolas dupond 17/10/2008 14:02

Jacques,

Au sujet du nain, il a été dit lors de la campagne des Présidentielles que son père était officier dans les "croix fléchées" (SS Hongrois) mais il faut prendre cela néanmoins avec des pincettes parce que même si l'enjeux était biaisé (Tu le sais déja, pour moi, Sarko/ Ségo c'est à peu près la même chose), la campagne a été méchante je pense pour compenser "l'égalité" des candidats.

C'est pour cela que son père serait venu se réfugier en France, d'ailleurs juste après guerre, bien avant la victoire des communistes en Hongrie.

Jacques Cécius 16/10/2008 19:01

Aurais-tu la naïveté de croire que Sarkoléon ait une once de reconnaissance ce pour les anti-nazis allemands qui ont combattu dans Résistance, en France ou, plus dangereux encore, en Allemagne même ? A quand une commémoration du sacrifice de Boe hoffer qui, comme Niemoller, prêcha contre le nazisme (ils étaient pasteur mais une majorité de protestants allemands avaient rejoint le nazisme!). Boenhoffer mourut en martyr.
Et ces jeunes étudiants qui combattirent, comme ils le purent, l'odieux régime du nain allemand ? (réseau rose blanche). Et les communistes arrêtés dès 1933 et parqués à Dachau ? Basta! disent nos gouvernants démocrates. Mais, dans le chef de Sarkoléon, il a trouvé bon de se servir des martyrs comme Guy Moquet...

Jacques Cécius 16/10/2008 18:53

T'en fais pas Nicolas, je vomis les libertariens, la plupart américains comme il se doit...