Une seule Eglise catholique ? Non !

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Lorsqu'on dit "Eglise catholique" on pense immédiatement à celle dont le "siège social" est établi à Rome.

Il faut savoir qu'existent un certain nombre d'Eglises catholiques indépendantes du Vatican. Je ne vais pas les passer toutes en revue, mais les plus connues seulement.

Tout d'abord l'Eglise vieille- catholique, dite de l'Union d'Utrecht, qui a été évoquée dans "Catholique et franc-maçon".Lors du Concile Vatican I, au cours duquel fut défini, non sans mal, le dogme de l'infaillibilté pontificale, en 1870, des prélats s'opposèrent à cette infaillibilité, contestée d'aileurs par les Eglise orthodoxes, protestantes, anglicane, monophysites. Mais ils préférèrent s'abstenir lors du vôte, pour ne pas créer un conflit sans précédent pour l'Eglise de l'ère moderne. Des conflits il y en eut beaucoup, un de plus n'aurait rien arrangé.
Les adversaires du susdit dogme se réunirent, emmenés par le chanoine Dölinger, théologien, qui finira par se soumettre. Ces "rebelles" prirent la décision, indispensable pour créer une Eglise, à la fois nouvelle et ancienne puisque fidèle à Rome jusque là de faire consacrer un évêque qui pourrait en conscrer d'autres. Mais un problème se posait, il fallait trouver une Eglise jouissant de la succession apostolique, laquelle est d'ailleurs contestée par les Eglises de la Réforme. La sucession apostolique prétend remonter à l'apôtre Pierre, mais, certains papes semblent n'avoir jamais existé ! Lin, Anacelt, par exemple, ou, à tout le moins, il y a contestation sur ce point.
Les anti-infaillibilistes décidèrent d'élirent l'abbé Reinskens, un prêtre allemand, et de solliciter sa consécration par un évêque dont la succession apostique était réelle (?). Ce fut un prélat anglais, de l'Eglise vieille-épiscopale qui fut contacté. Il accepta. L'aspect pratique de la constitution de cette Eglise pouvait débuter.

En 1874 l'Eglise vieille-catholique était créée officiellement. Deux ans auparavant les futurs  vieux-catholiques avaient noté les points de divergence avec Rome, outre l'infaillibilité. Les participant à la réunion de Cologne autorisèrent le mariage des prêtres, la non obligation de la confession dite auriculaire, l'utilisation de la langue vulgaire pour les offices, et la primauté des conciles sur les papes.

Très vite elle compta des fidèles en Suisse (où aujourd'hui elle est reconnue par les autorités et porte le nom d'Eglise catholique chrétienne), en Allemagne, en France, et dans d'autres pays encore.
 L'Eglise janséniste d'Utrecht, créée par des français qui préférèrent quitter leur pays lorsque l'enseignement de la doctrine janséniste fut interdit sous Louis XiV, le lumineux roi,, décida de se réunir à l'Eglise vieille-catholique, qui se nomme depuis Eglise vieille-catholique de l'union d'Utrecht. Il en existent d'autres, mais de moindre importance.
En cé début de XXie siècle cette Eglise, dont un représentant fut invité au Concile Vatican II, compte environ 600.000 membres, faisant parties de paroisses établies en France, avec un évêque, en Belgique où elle serait en voie de disparition, en Allemagne, en Suisse, etc...

L'Eglise vieille-catholique de l'Union d'Utrecht a passé des accords, comprenant notamment l'inter-communion, avec l'Eglise d'Angleterre et des Eglise anglicanes hors frontières, appelées épiscopaliennes, et des Eglise d'Orient. Au sujet de ces dernières, la décision prise par l'Eglise vieille-catholique d'admettre des femmes à la prêtrise, décision prise il y a moins de dix ans, a causé la rupture, les orthodoxes étant fermemement opposés à ces ordinations féminines.

L'Eglise vielle-catholique la plus vivante est certes celle existant en Suisse ("catholique chrétienne"), qui a édité un catéchisme. Elle participe régulièrement à des réunions oecuméniques.

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Autre Eglise catholique séparée de Rome, l'Eglise indépendante des Philippines.
En fait elle est née de la volonté de dirigeant philippins de la première République de voir Rome accepter l'indépendance administrative de l'Eglise catholique philippine en matière de désignation d'évêques, ce que le Vatican ne pouvait tolérer. Il faut dire que cete revendication était née du fait que depuis l'occupation des Philippines par l'Espagne tous les prélats étaient espagnols. Cela, aux yeux des autorités civiles philippines ne pouvait durer.

Beaucoup de fidèles s'étaient déjà opposé à Rome quant aux "tarifs" exigés pour les mariages, funérailles, etc., ce qu'on nomme le casuel, et qui étaient exhorbitants  tout comme le tarif des inhumantions au Père Lacchaise ( Voir la chanson d'Aristide Bruant "Belville Ménilmontant" ! ). Ils réclamaient également que la messe soit dite en langue vulgaire (mais pourquoi ce qualificatif, nom de Zeus?), et que les membres du clergé, parfois aux moeurs dissolues, soient mis au pas. Refus catégorique de Rome, l'Espagne constituant à ses yeux une Eglise trop importante que pour être contrariée.

En 1902, lors d'une réunion de paroisses, fut proclamée l'indépendance de l'Eglise des Philipines fidèle aux dogmes édictés avant Vatican I.

Même problème pour ces catholiques indépendants des Philippines que pour les premiers vieux- catholiques au départ : pas d'évêques ! Les catholiques indépendants élirent donc un évêque, toutefois non consacré, et appelé Evêque suprême. Pas de consécration, mais respect de la démocratie car élection !
Rome avait faitde ses pieds et de ses mains, pour empêcher qu'un évêque indépendant fut consacré, et le pape, mauvais joueur, obtint même que les lieux de cultes soient la propriété de Rome, même dans les paroisses où son autorité n'était plus reconnue...

Après bien des déboires, malgré ses 3.000.000 de fidèles, et des "errements" doctrinaux que les anglicans et les vieux-catholiques condamnèrent, notamment un profond libéralisme théologique, et après la seconde guerre mondiale durant laquelleelle s'était opposée, avec les conséquences que l'on devine, aux  japonais envahisseurs, l'Eglise en revint à des dogmes plus "orthodoxes".
Il fut décidé que la liturgie, comme celle de l'Eglise vieille-catholique, serait la même que celle de l'Eglise romaine, à quelques détails près.

L'Eglise des Philippines obtint quelques temps plus tard de faire consacrer "l'évêque élu" par l'Eglise épiscopale (anglicane) américaine. D'autres évêques purent alors être consacrés par l'évêque "régulier". Néanmoins les fonctions d'Evêque suprême de l'Eglise indépendante des Philippines sont électives. Les laîques ont leur mot à dire quant à la gestion des biens et autres questions non doctrinales.

De nos jours il y aurait environ 3.500.000 fidèles, et l'Eglise indépendante est membre du Conseil oecuménique des Eglises.
Elle est en intercommunion avec l'Eglise anglicane


A suivre.



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Eglise Catholique Chrétienne Unie 05/10/2013 15:02

Nous vous invitons à visiter notre site. Bien fraternellement.

piotr 21/10/2008 12:33

Du côté de Ciney, il existe encore une communauté ...

Jacques Cécius 20/10/2008 13:59

Effectivement, mais va dire cela, cher ami, à notre Saint Père le pape !

Chris 20/10/2008 12:52

Rome, c'est l'église catholique apostolique et romaine .... voir la définition de "catholique" :-), nous sommes tous catholique ;-) MdR