Esotérisme et extrême-droite

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Loin de moi l'idée d'affirmer que les mouvements ésotérique, souvent "zozotériques, entretiennent des liens privilégiés avec l'extrême-droite. La chose serait profondément injuste, mensongère.

Je ne vais pas faire l'historique de ce mouvement rosicrucien qu'est l'AMORC, je renvoies à ce sujet à l'ouvrage de Robert Vanloo "Les Rose-Croix du Nouveau Monde" (Claire Vigne éd) ou encore à celui que j'ai commis "Occultistes et francs-maçons" (Mémograme éd.) Le lecteur pourra se rendre compte des oppositions, des luttes, des procès, qui opposèrent les différents mouvements dits rosicurciens entre-eux, notamment, ce qui ne manquera pas de l'amuser.

L'AMORC est certes le plus connu de ces mouvements, et celui qui fait le plus de publicité. Il est certainement aussi celui qui compte le plus de membres, même si, d'après les renseignements obtenus auprès d'un adepte, en Belgique l'Ordre serait en net recul. Mais ce n'est pas là ce qui nous intéresse.

Le fondateur de l'AMORC, Spencer Lewis, décédé en 1939, était un adversaire convaincu de Roosevelt et du  New Deal. Il se situait à la droite de la droite américaine.
La situation politique en Europe ne le laissait pas indifférent. Nous sommes en pleine montée du fascisme, et il éprouvait de l'admiration pour le Duce, Benito Musolini. Ce dernier avait fait déclarer la franc-maçonnerie illégale, comme Salazar,  Hitler et Franco plus tard., tout comme les régimes communistes d'ailleurs. Les dirigeants de la maçonnerie italienne furent emprisonnés ou l'objet de brimades diverses. Les tristement célèbres "Chemises noires" assassinent bon nombre de frères.

Lewis visita l'Italie en 1933, et voici ce qu'il "constata": L'Europe est un continent malade qui est l'objet de nombreux troubles (...). Chaque nation européenne souffre de l'activisme des agitateurs soviétiques (...). Selon le Dr Lewis, leur visite en Italie s'est déroulée dans des conditions plus plaisantes que les années précédentes. les rues y étaient plus propres, il n'y avait pas de mendiants (...) Il a exprimé l'opinion selon laquelle ces changements étaient dus à la dictature de Mussolini .

Il faut savoir que selon Van Loo, qui fut lui-même un dirigeant rosicrucien, dans un artricle écrit en 1917, Lewis s'én était pris à la démocratie américaine, vantant les bienfaits de de l'autocratie, "modèle naturel". Nous ne sommes pas loin de ce qu'avait écrit jadis le maçon-ultramontain Joseph de Maistre.

Deux ans avant sa mort, l'Imperator Lewis rend visite, accompagné d'adeptes de l'Ordre au sinistre Duce. Il est reçu officiellement au Palazzo Venezia, à Rome. Il écrira plus tard Nous pensions unanimement que tout ce que nous avions appris, observé, vu en Italie, contredisait au plus haut point ce que nous avions lu et entendu en Amérique (...). C'était le seul pays de tous ceux que nous avions visité où règnait une réelle courtoisie (sic! lorsqu'on sait comment les fascistes s'occupaient des opposants de gauche) , l'amabalité, un véritable esprit d'optimisme et de solidarité. (...) un désir manifeste pour la paix  (...). (Signalons que l'Italie avait déja annexé militairement l'Ethiopie un an auparavant!)

Mussolini, donc,  reçu Lewis et ses compagnons, vantant les mérites de l'AMORC ! Faut-il ajouter que tous les rosicruciens n'apprécièrent guère l'amitié Spencero-Mussolinienne ?

Deux ans plus tard Spencer Lewis quitta ce monde, et son fils Ralph Lewis lui succéda. Les cendres de Spencer Lewis reposent sous une pyramide en miniature, au centre mondial de l'Ordre à San Jose (USA).

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Un autre ordre rosicrucien est relativement connu (il y en a quelques dizaines dans le monde, le plus souvent confidentiels), c'est l'Association rosicricienne fondée par Max Heindel, et qui n'a pas de relations avec l'AMORC. Son siège est établi à Mount Ecclésia, en Amérique.

Heindel ne fit pas de politique, certes, contrairement à son rival en rosicruciansime, mais il écrivit néanmoins ces lignes qui ne l'honorent pas, et qui peuvent être qualifiées d'anti-sémites : Les rebelles qui ont été abandonnés sont les Juifs, qui dans leur grande majorité sont encore dirigés plus par la faculté Atlantéenne de la ruse que par la raison ? Chez eux, le sentiment de race est si fort qu'ils ne distinguent que deux races d'hommes, les Juifs et les Gentils. Ils méprisent les autres nations et sont à leur tour méprisés d'elles pour leur astuce, leur égoïsme et leur cupidité.

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Ne voilà-t-il pas des lignes qui donnent à réfléchir ? Il est est bien connu que des mouvements ésotériques, "celtiques", ont des relations avec l'extrême-droite. Une "Grande Loge celte", qui semble avoir disparu Dieu merci, enseignait à ses membres une doctrine"ésotérico-fasciste".

La franc-maçonnerie a intérêt à veiller à ce que des parsonnages douteux, comme celà est déja arrivé, ne pénètre l'Ordre. Souvenons-nous qu'il y a une dizaine d'année un obédience française comptait parmi ses membres  un "bonze" du Front national. Et que dans les années 1950, le mouvement de Pierre Poujade, dont Le Pen fut un des députés, comptait parmi ses dirigeants un Vénérable d'une obédience que je ne citerai pas.
Le problème ne date pas d'aujourd'hui. Ce n'est pas une raison pour ne pas être vigileant, la bête immonde renaissant de ces cendres en peu partout en Europe...










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Pere Ruque 25/10/2008 23:19

On parle beaucoup de la théorie du complot et du nouvel ordre mondial. Je ne m'attends à rien de bon. Je préférais un nouvel ordre moral, mais les experts financiers comme Jacques Attali( conseiller de Mitterand et de Sarkozy) ne seraient certes pas d'accord.....
Mammon....

Jacques Cécius 24/10/2008 18:33

Tu as raison, Niclas, et la crise qui s'annonce nous n'en sommes qu'au début, ne va rien arranger...

nicolas dupond 24/10/2008 14:03

Jacques,

Le pis dans ce que tu dis c'est que lesdits frères étaient d'extrême droite sans le savoir (à l'insu de leur plein gré si j'ose l'humour).

C'est un peu comme au "café du commerce" où des idées d'extrême droite sont diffusées sans vraiment s'en rendre compte.

Les idées fascistes ont du regain (et semblent normales) dans une époque où la situation sociale, économique et politique est de plus en plus déstabilisée. On cherche des boucs émissaires (racisme...). Et c'est cela qui est à mon sens dangeureux pour l'Avenir.

Père Ruque 24/10/2008 14:00

Cher Jacques, puis-je te proposer aussi des sujets d'articles ?
Je pense à la régularité – regular – anglaise et les irréguliers, aux émissions télévisées sur la F :.M :. et les raisons qui les encouragent ( Questions à la une : pourquoi pas « Réponses… » ?) Que se passe-t-il ?
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Si je ne me trompe, et d’après la presse, des minorités politiques de droite travaillaient fermement il y a peu à un rapprochement avec l’extrême droite. La presse et la littérature soumises à une quelconque autorité politique ont toujours été des instruments redoutables capables de provoquer l'égarement des opinions. On parlait aussi de cardon sanitaire, des postes de surveillance avancés autour d’une région malade, infectée par une épidémie- qui selon le Vlaams Blok-est un réel obstacle à sa progression.
En voyant des étrangers, réfugiés et apatrides (sans nationalité légale/ réf. H. Gijsels « Ouvrez les yeux », Ed.Luc Pire) débarquer sur leur territoire et se faire traiter comme des nationaux, la population outrée se vengeait et l’extrême droite apparaissait.( Le vlaams blok ( né des élections législatives en 1936), le groupe Agir, Assaut et le front national 11/03/2005. La crise de l’état est profonde. 65 % des Flamands se sentaient surtout Flamands dont la plupart trouvent encore le roi trop francophile, voire anti-flamand. En réalité, beaucoup d’entre eux le haïssent et s’en méfient. Dès lors, rien d’étonnant à ce qu’ils ne s’identifient pas à ce « symbole » de l’Etat.
C’est vraiment un problème délicat qui m’oblige à tourner ma langue avant de parler, mais bon. Je me pose la question de savoir si le fait de faire respecter notre identité ou revendiquer son identité culturelle ou politique – wallonne par exemple – est un acte raciste. Identité déjà tellement problématique et menacée au sein de son propre pays face à une politique d’accueil outrancière. Ce pays est devenu la risée du monde non seulement par ses guéguerres intestines mais aussi en tolérant les pires injures.
Question : Suis-je raciste en exigeant des autres le respect de nos règles en vigueur, us, coutumes, traditions, cultures et religions, valable pour les nationaux ?
On crache à la gueule du lâche qui répond : Il pleut.
Lorsque je me déplace à l’étranger, je respecte leurs coutumes et me déchaussent le cas échéant et ne cherche pas forcément à exporter mes problèmes chez eux plutôt que de tenter de les résoudre. Ceci dit, je ne juge pas bien que cette forme de sanctuaristion du territoire m’inquiète tout de même un peu.
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Je pense – sans entrer dans trop de détails - qu’il y aura toujours des infiltrés de tous bord, mais pour provoquer une scission d’idées au sein d’un groupe, il faudrait en arriver à être obligé de trancher, prendre une décision…donc vers un éclatement ?
Il y a peut-être une autre manière d’envisager le problème en se tournant vers le cœur de certaines organisations. S’il y a un noyau dur, beaucoup n’en sont finalement que les électrons ? Regarde-t-on dans la bonne direction ?
Les opinions se focalisent-elles bien sur le véritable objectif ?
Je n’ai pas la réponse.

Jacques Cécius 24/10/2008 10:40

Dans une ville qui je ne citerai pas, une loge "irrégulière" comprenait quelques zigotos d'extrême-droit. Le pire c'est qu'il ne s'en rendaient peut-être pas compte. Mais leurs propos ne laissaient aucun doute...