Goblet d'Alviella et le prtestantisme unitarien (suite)

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Cependant en 256 le prêtre Arius va émettre des doutes sur la consubtantialité du Verbe divin, seconde personne de la Trinité. Il va distancier le Père du Fils, ce dernier n'étant plus qu'une créature, certes la plus éminente qui fut jamais. Il expliquait , en ce qui concerne le Prologue de l'Evangile de Jean, selon lequel  le Verbe a été le créateur du monde, par le fait que Dieu ne pouvait s'être mis en contact , lui l'Infini, avec le fini,  et que pour créer l'Univers il lui avait fallu un intermédiaire, architecte du monde en quelque sorte.

Condamné d'abord par son évêque il se défendra avec fougue et, tacticien, ne touchera pas à la liturgie romaine et aux sacrements. Il comparaîtra devant le concile d'Alexandrie qui l'excommuniera.

Ce qui est alors considéré comme une hérésie va se répandre, même après la mort d'Arius. Sa doctrine reçoit l'appui des empereurs Constance et Valence. Les Visigoths, les Ostrogoths, passent à l'arianisme en Occident, et les Vandales en orient.

Revenons un instant sur le concile de Nicée, convoqué par l'empereur Constantin : on ne possède aucun écrit de cet épisode de la vie de l'Eglise, mais deux témoignages contradictoires, notamment celui d'Eusèbe de Césarée premier des grands historiens de l'Eglise. Il refuse la condamnation d'Arius et l'écrit à son Eglise de Palestine. d'Alexandrie, 

Athanase, ensuite, 25 ans après l'excommunication, qui donne autorité à une assemblée, le concile de Nidée,
qui, il faut le souligner, ne s'imposait pas comme une autorité universelle et intemporelle. Le dit concile avait été convoqué, pour des raisons autant politiques que religieuses. Constantin y alla de sa poche pour payer les voyages des participants ! Il présida, lui simple laïc, les débats !!!  Ajoutons que Nicée ne fut reconnu comme concile oecuménique, qu'un quart de siècle plus tard.
Nicée marque en fait une conception très hellénistique de la foi en Jésus, un peu comme si la formulation judéo-chrétienne avait été abandonnée...

L'arianisme dura jusqu'au VIIe siècle pour renaître, au moment de la Réforme, avec Michel Servet, le martyr, mais également Okin et Bücer en Angleterre et, surtout, Socin qui fit entrer cette doctrine "hérétique" dans sa forme moderne appelée alors le socianisme.

Le socianisme nous transporte au XVIe siècle, plus précisément en 1546, à Vicense (Italie), où un groupe de gentilhommes avaient formé une société savante, ou tous les problèmes théologiques pouvaient être discutés, examinés, voire critiqués, en pleine liberté. Bref une franc-maçonnerie "irrégulière" avant l'heure !
Ces hommes éclairés ne voulaient retenir des Ecritures que ce qui était compatible avec la raison. Parmi eux Lelio Socin qui, lorsque les autorités décidèrent de dissoudre cette assemblée d'impies dont il faisait partie, s'enfuit en Suisse ou il ne fut pas bien accueilli, et ensuite en Pologne, d'où il va diffuser ses idées antitrinitariennes. Il meut prématurément à l'âge de 37 ans...

Son neveu, Fausto Socin, reprend le flambeau et formule le système de base du socianisme dans le fameux "Catéchisme de Racow", du nom de la ville où il s'était établi.
Dans cet ouvrage il est enseigné que la Bible doit être examinée avec l'aide la la Raison, mais qu'elle est la seule règle de foi des chrétiens - que la Trinité - la divinité de Jésus - la double nature de ce dernier - le péché originel - les effets des sacrements - l'éternité des peines - les mystères incompréhensibles - la création par la seule volonté de Dieu - la préscience divine - la Providence - constituent un tissus d'absurdités. Mais Socin admettait néanmoins que Jésus avait été formé dans le sein d'une femme,Marie,, par Dieu. Toutefois il ajoutait qu'il était tout aussi légitime de croire qu'il était le fils d'une femme et d'un homme.
Jésus avait été un exemple, disait Socin, mais que cela ne suffisait pas pour qu'il soit adoré. Enfin, en contradiction avec les réformateurs, il enseignait que l'homme est sauvé par les oeuvres.

Socin retenait deux sacrements : le baptême des adultes et la communion, pain et vin étant les symboles du corps et du sang du Christ. Il s'attaquait aussi à la résurrection de la chair.

Les sociniens ne pouvaient faire la guerre, prêter serment, ester en justice et exercer des fonctions judiciaires. Ils étaient opposés à la peine de mort. Ils condamnaient les conciles, les Pères de l'Eglise, la papauté, le clergé, pour cause d'intolérance.

La "secte" s'éteindra dans la seconde moitié du XVIIe siècle, mais ses idées seront reprises plus tard par l'Eglise unitarienne.

En ce début de XXIe siècle l'Eglise unitarienne est florissante aux Etats-Unis, plutôt en régression en Angleterre, bien vivante en Transylvanie avec la Faculté de théologie de Cluj, et très minoritaire dans d'autres pays. L'Eglise unitarienne descend en ligne directe du socianisme dont il faut savoir qu'il est à la base du déisme anglais, bien différent de celui de Voltaire.

Parmi les autres théologiens de l'antitrinitarismle il faut encore citer Ferencs David au XVIe siècle, en Transylvanie, mais aussi ceux qui seront appelés les tenants du christianisme raisonnable : tels Locke et Newton. L'Eglise unitarienne de Grande-Bretagne fut fondée par le pasteur Lindsey et le savant Joseph Priestley. Il faudra attendre 1825 pour que les lois anglaises édictées contre les unitariens soient abrogées.

Priestley professait des idées relativement rationnalistes, qui furent remplacées petit à petit par d'autres plus spiritualistes, sous l'influence du pôète Emerson, qu'admirait  Goblet d'Alviella.

Signalons que l' Eglise unitarienne n'exige aucune profession de foi des fidèles, à qui il est simplement demandé de croire que la religion se résume à l'amour de Dieu et du prochain - que Dieu est Père - que le bien finira par triompher du mal - que les humains seront sauvés par les oeuvres, qu'ils croient ou non !

Les idées unitariennes furent introduites en Belgique par le traducteur des oeuvres du pasteur américain Channing, unitarien,  Van Meenen, lequel n'envisageait pas la création d'une paroisse.
Mais à l'époque on voit à Liège de grandes familles libérales embrasser le protestantisme libéral non-unitarien : les Frère-Orban - de Laveleye - Mahaim - et, à Bruxelles, la famille Anspach.
D'autres libéraux, non croyants, comme Charles Buls - Ernest Allard - Tempels - Van Schoor - tous maçons font bâtir un temple protestant à Sart-Dames-Aveline, ou une bonne partie de la population est passée à la Réforme.
Le professeur Frédérick, de l'Université de Gand - de Laveleyen professeur à l'Université de Liège - Armand Anspach, député de Bruxelles - Lucien Anspach, professeur à l'Université Libre de Bruxelles - Crocq, sénateur - les FF.°. Peltzer de Clermont, dont un des deux fit bâtir le temple maçonnique de Spa - y vont de leurs deniers pour que naisse l'Eglise protestante libérale de Bruxelles.

Plus tard les élus libéraux et socialistes remettront les couverts en soutenant la revendication du Culte Antoiniste de se voir reconnu par l'Etat, mais en vain.


A suivre.











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piotr 02/11/2008 12:56

Un coin d'histoire que j'ignorais totalement ....
comme quoi on va bien loin et l'on ne connait même pas son pays.
Piotr