Les généraux voyous - Quand le G.O.D.F. aurait dû parler.

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Je n'apprécie pas Sarkoléon. Mais alors, pas du tout. Mais hier, lors de la commmoration de la grande boucherie, à Verdun, il a eu le courage, le premier des Présidents de la République, de parler des 600 fusillés "pour l'exemple". Et pas en mal.

Lorsque la grande boucherie montra le bout du nez, boucherie souhaitée par Guillaume II le mégalo et le gouvernement français qui, si le conflit éclatait, ne vôterait pas l'impôt sur les revenus, certains FF.°.  demandèrent au GODF de s'exprimer contre la guerre. Il ne le fit pas. Il eu tort... Il est vrai que les maçons  militaristes, ultra-symbolistes et ésotéristes auraient poussé des cris aussi aigüs que ceux d'un putois lorsqu'on lui marche sur la queue !

Et pourtant, lors de l'affaire Ferrer, la grande obédience avait su dire les mots qu'il fallait. Ce qui n'évita point l'assassinat "légal" de ce grand pédagogue et libre-penseur, certes, mais les maçons du GODF n'étaient pas restés inactifs.

Donc, pas une protestation du GODF pour tenter, comme le grand Jaures, d'éviter le conflit. L'aurait-il été ? Franchement je ne le pense pas. Mais il est des moments ou se taire est se faire complice. Dans ce cas des bellicistes à la Clemenceau, Malvi et autres. Et des riches bien entendu. Des industriels aussi.

La guerre donc, la plus atroce jusqu'alors, éclata. Les poilus partirent au front la fleur au fusil, ignorant qu'ills allaient, dans le meilleur des cas, vivre boueux et loqueteux, mangés par les poux et attaqués la nuit par les rats. Le épouses, les mères, les enfants, inconscients, applaudissaient à tout rompre les pauvres types marchant d'un pas volontaire pour s'embarquer vers l'enfer...

Le drame des français était qu'ils étaient commandés par des généraux voyous. Le plus grand : Nivelle, qui envoyait les fantassins à la mort pour un boût de terrain qui serait repris le lendemain. Joffre, franc-maçon, qui refusait d'écouter les conseil relativement éclairés de ses collègues et se fichait pas mal du fait que des centaines de poilus tombaient chaque jour sur le front. Foch, qui quelques heures avant celle de l'armistice qui était signé, envoya des soldats reprendre quelques lopins de terre. Résultat : 96 tués ! C'est peut-être pour cela que Clemenceau, qui ne valait pas mieux pourtant, y alla d'une phrase assassine "Et dire que je vais donner la médaille militaire à cet imbécile!". Pétain, probablement le plus humain, mais qui plus tard fut traître à son pays et s'allia à Hitler pour  ensuite  faire arrêter les juifs français, ce que les allemands n'avaient pas demandé ! Il fit interdire la franc-maçonnerie et... la Société Théosophique !

Des millions de morts. Des millions de blessés. Des millions de veuves, d'orphelins, de parents plongés dans la tristesse. Et ce des deux côtés de la frontière.
Parmi les blessés les fameuses "gueules cassées", qui soulevèrent les bravos de la foule lors du défilé de la victoire. Un an plus tard sortait une loi leur interdisant l'entrée des cafés et restaurants car ils risquaient d'effrayer les enfants.  Bravo la mère patrie !!! Seuls quelques journalistes protestèrent, mais ils ne furent pas écoutés. La guerre était finie et l'essentiel était de l'oublier. Je n'ai pas souvenir d'avoir lu que la maçonnerie protesta...

Lorsque je fus en âge de comprendre, ma mère me fit promettre de ne jamais accorder d'importance aux notions de patrie, de monarchie qui, elle, ne risqua jamais rien, ni en 1914-1918, ni en 1940-1945. Nous eûmes certes un "Roi chevalier" titre que les anglais avaient donné à Albert I, mais qui ne tint pas compagnie à ses soldats dans les tranchées de l'Yser. Et une reine, Elisabeth, qui joua l'infirmière. Des héros !
Depuis cette conversation avec ma mère je ne salue pas le drapeau du bataillon du régiment caserné dans ma bourgade lorsque défilent les militaires, et je n'ôte pas mon chapeau lorsque retentit la Brabançonne. Par contre je le fait pour l'Internationale, et la Marseillaise qui fut, ne l'oublions pas, un chant révolutionnaire.

J'ai vu pleurer ma grand-mère dont le fis cadet avait été tué à 17 ans. Et le plus âgé revenu portant une blessure qui ne fit que s'aggraver. Il mit fin à ses jours ne pouvant plus supporter ses souffrances. Plus tard j'ai vu ma mère pleurer ses frères. L'un de mes oncles fut exécuté au camps de Saxenhausen, d'une balle dans la nuque. Son crime : avoir été communiste !

Alors qu'on ne me parle plus de drapeau, de Brabançonne, de patrie. Ma patrie, comme Louis Lecoin, militant anarchiste pacifiste, grâce à qui le statut d'objecteur de conscience fut octroyé, ma patrie, c'est la sienne : le monde !






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Flupke 09/12/2008 20:36

http://www.dailymotion.com/video/x30dzv_chanson-de-craonne_events

piotr 13/11/2008 08:43

je me demande ce que les SDF, le laisser pour compte de la société ...doivent penser lorsqu'ils voient ces idiots en uniforme aux cérémonies dites patriotiques .... ceci dit, cela me fait rigoler lorsque je vois ces défilés vers le monument .... plus jamais ... ben voyons et le Tibet ...et les massacres au Congo ex-belge ...

Piotr

nicolas dupond 12/11/2008 14:06

Encore un très bon article.

L'hymne au patriotisme des chaînes télévisées (aussi bien TF1 que France Télévision). A vomir.

Oui à la commémoration des pauvres gars tombé. Non à l'exhaltation de la guerre et du patriotisme.

Et n'oublions pas l'épisode de la Commune où des Frères du GODF tenant leurs bannières se sont fait fauchés par la mitraille en allant réclamer la clémence pour les insurgés à des généraux versaillais qui étaient des leurs (du GODF).

Pour réponse, des salves d'artillerie.

Et malheureusement, toutes proportions gardées, on revoit cela dans les loges: le statut profane et social avant tout. On en arrive même à avoir du mal à vivre ensemble.

Tout ça, c'est bien triste.

maurice 12/11/2008 13:10

"L'homme de l'avenir sera celui
qui aura la plus longue mémoire
Nietzshe