Le temps des cerises

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L'auteur de l'immortelle chanson "Le temps des cerises", Jean-Baptiste Clément (1836-1903) fut un franc-maçon convaincu et assidu aux Tenues de loge. 

Fait maçon en la loge  "Les Rénovateurs" en 1898,, il adhéra ensuite à  "La Raison", et enfin fut membre de "L'Evolution Sociale".


En 1866 il dut se réfugier en Belgique, suite à ses prises de positions républicaines (la France était alors sous le règne de Napoléon "le petit", comme le surnommait Victor Higo).

Crevant la misère il vivait surtout de l'aide apportée par des camarades exilés  comme lui. Contrairement à ce que certains croient, il ne composé pas "Le temps des cerises" sous la Commune de Paris, mais bien avant. La confusion vient de ce que, aprés la défaite de la glorieuse Commune, commémorée chaque année par le Grand Orient de France, il dédia cette chanson qui restera toujours dans le coeur des révolutionnaires à une jeune fille, ambulancière, qui se dévoua jusqu'à la fin des hostilités et la cruelle répression bourgeoise menée par l'ignoble Thiers, le nabot sanglant, approuvé par des gens comme Emile Zola !


Réfugié en Belgique donc, il en arriva a devoir échanger la chanson contre un vêtement chaud qu'il porta "chez ma tante", c'est à dire au Mont de Piété. Il en obtient une quinzaine de francs d'alors, qui lui furent d'un grand secours.


En 1869 il sera condamné à un an de prison pour avoir publié un pamphlet révolutionnaire "Les Carmagnoles". Il était alors rentré en France, erreur de sa part, car il dut bien entendu purger sa peine à la prison de Sainte Pélagie. Sa levée d'écrou eut lieu le 4 septembre 1870.


Durant la Commune il s'associa à son frère maçon Jules Vallès et écrivit dans "Le cridu peuple".

Clemenceau, d'abord favorable dans une certaine mesure, à la Commune, s'éloigna d'elle après l'exécution de deux généraux, et Clément lui succéda à la tête de la mairie de Montmartre, ce quartier  que chanta si bien Aristide Bruant.

Il était l'ami de Delescluze, qui périt en défendant une barricade contre les traîtres versaillais, vengeurs de cette bourgeoisie au teint vert de trouille, qui applaudira à la cruelle répression qui fit des milliers morts. Comme on l'écrivit à l'époque "la Seine était touge de sang".


Clément se battit jusqu'à la dernière cartouche. C'est sur une barricade qu'il rencontra l'ambulancière dont il est question plus avant.

Il se cacha chez un ami durant des années, puis parvint à s'enfuir à Londres où il retrouva de nombreux exilés. Après l'amnistie de 1880 il rentra en France. C'est probablement alors qu'il s'affilia au Perti socialiste ouvrier révolutionnaire, dans lequel il milita jusqu'à sa mort, au sein de la fédération des Ardennes.


A sa mort, le 23 février 1903, les révolutionnaires français prirent le deuil de celui qui fut un des plus grands d'entre-eux.

Il fut inhumé au Père Lachaise, face au mûr des Fédérés, là où reposent de nombreux militants révolutionnaires, tels son frère en maçonnerie Paul Lafargue et sa femme Laura, fille de Marx, le général d'origine polonaise Wroblensky qui était venu sa battre avec ces camarades français communards et d'autres encore. On y trouve également les tombes de dirigeants du Parti communiste français et l'urne contenant les cendres d'un dirigeant trotkyste belge : Georges Mandel.


Comme le souligne le "Dictionnaire de la franc-maçonnerie" (PUF éd.), sous la direction de Daniel Ligou, Jean-Baptiste Clément ne fut jamais anarchiste, ce que pourtant pensait le Très Illustre Frère Léo Campion (voir "Le drapeau noir , l'équerre et le compas" (Alternative Libertaire éd.).


A quand reviendra

Le temps de la Commune ?





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nicolas dupond 02/12/2008 09:54

En effet, je crois que c'est pire que votre roi: un monarque "républicain" à comparer à napoléon le petit (ce que ne manque pas de faire dans le Temple des ateliers du GODF mais aussi des ateliers symboliques qui ont encore une âme républicaine.)

Jacques Cécius 01/12/2008 15:22

Sarkoléon le nabot haineux !

nicolas dupond 01/12/2008 11:46

Une chanson (au sens caché) chère à tous vrais républicains.

Elle est d'actualité en France. A un moment où le nain, frère sourire et toute sa clique marche sur la république.

On met en garde à vue des journalistes. On met en prison de jeunes anarchistes sans aucun début de preuve de culpabilité. La justice est aux ordres (cf l'affaire de la poupée).

C'est grave.