Le petit père Combes : un maçon engagé

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En 1902, le Boloc républicain remporta les élections. On pouvait penser que la République était sauvée des machinations de l'Eglise et de l'armée. Il n'en n'était rien.

Les traîneurs de sabre et les curés, dans leur immense majorité, rêvaient d'une retour à la monarchie. Illeur fallait abattre "la gueuze" (la République).


Dieu (!) merci, les vainqueurs de la consultation électorale firent appel à un homme d'action, à un franc-maçon  engagé, c'est un euphémisme, Emile Combes.  Il allait sauver la République définitivement.


Emile Combes (1835-1921), fit ses études au petit séminaire (sic) de Castres, puis à la Sorbonne pour finalement suivre durant un an les cours du grand séminaire d'Albi (re-sic).

Muni d'un doctorat es lettres, il devint ensuite médecin.


Il fut fait maçon en1896 en la loge "Tolérance et Etoile de Saintonges". A son décès celle-ci adopta le nom distinctif de loge "Emile Combes".


Passionné de politique il devint maire de Pons en 1874 - conseiller général en 1879, et sénateur en 1885 - Minstres des Beaux-Arts et des cultes en 1895 - et enfin Président du Conseil en 1902.


Emile Combes ("le petit Père Combes"), avait comprit depuis longtemps qu'il fallait mettre au pas les officiers, la hiérarchie catholique et les congrégations qui, de concert, complotaient contre un régime qu'ils haïssaient.


Les officiers, particulièrement, constituaient un danger, car ils étaient, dans leur immense majorité, catholiques pratiquants, ce qui voulaient dire à l'époque, monarchistes. C'est pourquoi il choisit un général républicain, il y en avaient quelques uns, homme intègre, membre du "Parti  républicain radical et radical-socialiste. Il n'était pas maçon, mais pouvait être considéré comme l'étant "sans tablier".


Les rapports pour avancement étaient rédigés par des généraux hostiles à la République, et il fallait donc s'attendre à ce que la quasi totalité des officiers supérieurs soient des catholiques et monarchistes bon teint. Une seule solution : charger quelques offciers fidèles à la démocratie ,de  renseigner le Ministère de la Guerre sur les opinions des candidats. C'est le sort de la République qui était en jeux. Une armée dirigée par des officiers supérieurs majoritairement monarchistes constituaient un danger grave.


Le capitaine Mollin, membre d'une loge du Grand Orient de France, solllcita le Président du Conseil de l'Ordre, Frédéric Desmons, pour être aidé dans sa tâche de renseignements quant aux candidats officiers.  Celui-ci accepta et chargea le secrétaire de l'Obédience de recruter des militaires fidèles à la République pour rédiger des fiches quant aux opinions des candidats.


Hélas, un traître, Jean-Baptiste Bidegain, qui avait fait ses études dans un collègeà l'instar de  Judas contre une somme d'argent, et fournit à un député d'extrême-droite les fiches concernant les candidats officiers peu sûrs. Ce petit monsieur, Dieu néanmoins ait son âme, finit par mettre fin à ses jours en 1926.


Le député dont question, Guyot de Villeneuve, lut les rapports que Bidegain lui avait remit lors d'une séance au Palais Bourbon. La droite agita le pays, la presse cléricale y alla d'imprécations contre le ministère Combes, lequel dû démissionner, gardant l'estime de ses frères maçons. Le Convent du GODF approuva d'ailleurs sa politique en la matière. Cependant le futur Président du Conseil de l'Ordre, Arthur Groussier, obtint que dorénavant l'obédience "ne se mette plus au service d'un gouvernement". Or, c'est en se mettant au service du gouvernement Combes que la GODF avait servit la République. La position de Groussier, socialiste, fut approuvée, à tort. La République avait été sauvée, purement et simplement notamment par le GODF.


Auparavant, Combes, alors qu'il était toujours Président du Conseil, on dit aujourd'hui Premier Ministre, avait obtenu que la politique des congrégations, qui avaient attaqué la démocratie à plusieurs reprises, et notamment lors de l'affaire Dreyfus, soit combattue.

Rappelons que le journal "La Croix", après le suicide du général félon qui avait fomenté cette affaire Dreyfus, avait ouvert une souscription pour l'érection d'un monument à sa mémoire ! De très nombreux lecteurs avaient envoyé de l'argent au journal, accompagné d'un petit mot gentil, dont celui-ci qui est resté célèbre : "Pour que les francs-maçons, les juifs et les protestants soient fusillés : 5 francs." Signé "Un curé de campagne" !!!


En 1904 Combes fait voter un loi interdisant aux congrégations d'enseigner. Il avait également décidé la rupture des relations  avec le Vatican. Il eut plus tard cette phrase "J'ai chassé les congrégations, je ne me suis pas enrichi de leurs dépouilles". Les ordres religieux avaient été explulsés de France. Mais ceci ne l'empêcha pas de correspondre jusqu'à sa mort avec une carmélite !


Il est des maçons, aujourd'hui, pour oser le qualifier de sectaire, alors qu'il n'avait eu qu'une chose en vue : la survie de la République. Gloire lui soit rendue !   Amen ...





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Pépère 17/05/2015 17:18

Le père combes membre de la loge "Tolérance et Etoile de Saintonges". pour la tolérance c'est un comble, venant d'un futur curé, vous avourez ! Mais heureusement on a une nouvelle religion la Laïcité, sans Dieu, merci mon p'tit père combes, avec cela on est bien, il devait dormir pendant les cours de théologie, pépère!