Un révolté pacifiste : le prophète Simon Kimbangu

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Depuis la création de l'Etat indépendant (sic) du Congo par celui qui fut surnommé le roi génocidaire, Léopold II, lequel s'autoproclama propriétaire et souverain d'une terre où il ne mit jamais les pieds, mais qui lui rapporta gros, les missionnaire, catholiques et protestants, avait entrepris un véritable génocide culturel : fétiches brûlés - système tribal contrôlé à l'extrême - etc.


Léopold II revendit le Congo "indépendant" à l'Etat belge (! ! !) et augmenta de ce fait son immense fortune. Ce roi était honni d'une bonne partie de la population belge qui, sur le passage de son cortège funèbre, y alla de huées amplement méritées.


Mais revenons au Congo : Simon Kimbangu, fils d'un pasteur protestant baptiste, et prédicateur lui-même, se mit à prêcher une révolte pacifique contre le système colonial, annonçant qu'il avait été désigné par Dieu pour délivrer son pays, et l'Afrique, de la domination blanche.


Aucun assassinat, aucune violence ne put être mises à charge de Kimbangu, sinon sa défense de la culture africaine contre le pillage colonialiste. Pillage économique, mais également culturel.

De plus, s'il dénonçait les atrocités commises par les colonisateurs belges (des congolais qui refusaient de travailler eurent les mains coupées) - le droit de cuissage était monnaie courante) - il prêcha toujours la non-violence.


Le fait que le Prophète Kimbangu dénonçait le scandaleux colonialisme belge lui valut d'être arrêté et condamné à mort ! On croit rêver...

Le roi Albert Ier eut la bonne idée de le grâcier mais Kimbangu  reçu deux cents coups de fouets administrés par un officier belge, avant de réintégré la prison où il mourut en martyr trente ans plus tard ! Des gardiens confirmèrent que Kimbangu était un homme pacifique. Il parvint même à convertir, en secret,  quelques geoliers!


Son fils repris en main "l'Eglise de Jésus-Christ sur la terre par le Prophète Simon Kimbangu".


Elle subit quelques changements mineurs, afin de pouvoir être acceptée par le Conseil Oecuménique des Eglises, qui regroupe les Eglises protestantes, orthodoxes, et quelques autres, comme l'Eglise Adventiste du 7e Jour, etc.


Pour devenir membre de l'Eglise kimbanguiste il faut recevoir le baptême par immersion à l'âge adulte (il n'est pas réservé aux africains, des blancs se sont convertis) - la cène traiditonnelle dans les autres Eglises chrétienne, pain et vin ou jus de raisin, est remplacée par des patates douces et du miel.


Durant le règne despotique de Mobutu, l'Eglise fut à nouveau persécutée, et plusieurs leaders furent pendus en public...


Le calme revint enfin, et les fidèles  congolais purent vivre en paix.  L'Eglise à son "Vatican" où le successeur actuel du Prophète reçoit les adeptes pour les bénir et les guérir. Auparavant, du vivant de Simon Kimbangu, et avant son arrestation, plusieurs miracles lui furent attribués.


L'Eglise, qui compte 5 à 6.000.000 millions d'adeptes, est répandue, outre en Républioque démocratique du Congo, au Rwanda, au Burundi, en Zambie, au Gabon et en Angola. Elle a sa propre Faculté de théologie.


Le culte kimbanguiste ressemble à s'y méprendre, communion mise à part, à celui des Eglises protestantes avec lesquelles elle entretient de bons rapports. La musique occupe une place importante, et chaque paroisse a sa fanfare, dont les musiciens sont habillés de blanc et de vert.

Une paroisse relativement importante existe à Bruxelles.


Simon Kimbangu fut le type même du prophète non-violent, comme le furent Fox, fondateur de la Société des Amis (Quakers), et quelques autres.


Le martyr de Kimbangu constitue une page sombre de l'histoire de la Belgique, qui aurait pu solliciter le pardon de l'Eglise qu'il avait fondée. Peut-être certains belges (très hauts placés), ont-ils honte de la politique de Léopold II !




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piotr 25/11/2008 11:32

encore une grande découverte
piotr