L'enfant et l'Art

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Ce modeste "article" je le dédie à la petite Julia qui fera, j'en suis sûr, une belle carrière.


Avant d'aborder le sujet, je voudrais dire que je fus moi-même artiste, musicien en l'occurence. Aujourd'hui je mesure l'abêtissement de la grande majorité de notre jeunesse en matière de musique, de théâtre, de cinéma , de littérature.


Ceux qui me connaissent savent que les régimes totalitaires me font horreur. Je me suis réjouis de la disparition de l'URSS. Aujourd'hui je constate qu'une dictature, celle du pognon( $$$$$$$ ) et des mafias, à remplacé l'autre... la culture en moins pour le peuple !

Je me souviens de ces documentaires sur l'enseignement dans cet immense pays qu'était l'Union soviétique. Et surtout des images montrant des élèvres de maternelle initiés à la musqiue et à la danse.


Je me souviens également de l'interview d'une danseuse française (!) , qui racontait qu'étant montée dans un taxi à Moscou, pour aller de son hotel au Bolchoî, et conversant avec le chauffeur qui connaisait quelque peu le français lui dit je danse ce soir au Bolchoî . Elle s'entendit répondre j'aurai à peine le temps de me changer, mais j'ai déja mon billet !  Les larmes me sont montées aux mirettes...


Quelle est la part de l'Art dans notre enseignement qui persiste à fabriquer des producteurs, alors que, dans l'hypothèse même où la crise disparaitrait, la robotique remplacerait les bras !

Je fais souvent cette comparaison : en Utah (USA), Etat créé par les mormons, la délinquance est moins forte qu'ailleurs, et les Arts particulièrement favorisés. Il y a un lien à faire.


Dans nos pays "évolués", lorsque nos dirigeants entendent le mot culture ils sortent une tartine de confiture. Croyez-moi, sur leur tartine il y a beaucoup de beurre et de confiture. Quelques uns d'entre-eux font descendre la tartine avec un pot de vin, boisson que j'apprécie moi aussi, mais dans un verre et vidé d'une bouteille que j'ai payée.


Le théâtre est probablement l'Art qui fait le plus peur, car il peut tuer : voir Sheling - Brecht - Dario Fo - et tant d'autres qui firent et font encore trembler les responsables de la décadence intellectuelle dans nos pays "démocratiques" ou réputés tels. Qu'il s'agisse de "Nathan le sage" de Sheling - de "La résistible ascension d'Arturo Ui" de Fo - la révolte contre la bètise et l'intolérance envers l'intolérance y sont présentes.


La poésie aussi fait peur. Il y a une dizaine d'années, en France, un professeur fut rappelé à l'ordre pour avoir demandé aux enfants d'étudier "Le déserteur" de Boris Vian. Dans la patrie des Lumières ! Navrant...


Notre enseignement est celui de la préparation à la soumission. Il forme des futurs résignés, des immobiles et des humiliés inconscients de leur état.  Des femmes et des hommes qui ne liront plus, remplaçant cette "perte de temps" par les jeux de console...


Encore deux générations et l'Europe sera peuplée d'abrutis ! Comment voulez-vous qu'il en soit autrement, alors que dans certains établissement bien côtés, le prof de français demande aux élèves de lire et commenter un polar. Adieu Balzac ! Ciao Baudelaire ! Auf sviderzeen Plisnier ! Basta Yourcenar !


L'infini des fausses valeurs bourgeoises, la compétition, l'appétit du profit, le sens de l'exploitation de l'autre s'incruste dans les jeunes cerveaux. Jadis les ( petites) gens étaient réduits à l'esclavage, aujourd'hui on vole les âmes des jeunes !


"Grâce" à des pédagogues en chambre qui concoctent les programmes scolaires, l'Art est en perdition, sauf chez une minorité (grâce à des mères comme toi, Anne. Ne sois pas jaloux Olivier je ne lui plais pas ! ). L'Art donc est en perdition comme sur une plage tranquille quand le flux arrive et que la catastrophe prend une physionomie abominable puisqu'il n'y a quasiment plus d'espoir...


J'ai trop rêvé de la Beauté. En ce calamiteux début de siècle il n'y a plus que les mirages, l'enlisement, la noyade...

Soeurs et Frères maçons, notre devoir est de rendre profitable aux jeunes l'ensemble des connaissances et des Arts, de tenter d'éloigner le désastre. Un de nos combats doit être de contraindre ceux qui nous gouvernent, par des dénonciations, virulentes s'il le faut, et je pense qu'il le faut, pour que, sortant de réthorique, nos jeunes soient réellement cultivés, solidaires, heureux.


Les moyens financiers de beaucoup de parents les empêchent d'emmener leurs enfants,  très jeunes, à l'opéra,  au théâtre, ou au concert. Verdi, Hossein, Debussy, sont trop chers... Quelques fois, il est vrai, un théâtre, par exemple, fait un effort. Mais c'est encore trop rare. Même chose pour les concerts classiques (il y a d'autres musiques et aucune de celles-ci n'est mineure).  Comme j'ai bien rigolé lorsque, il y a .... années,un entarteur a lancé une tarte à la crême du haut du balcon sur les bourges en smoking !


Je suis amer direz-vous. Mais pas désespéré, sachez-le. J'aimerais que les doux rêveurs dans mon genre, lisent ce texte de Hénah Davi, poète anarchiste ,  afin  de reprendre "des forces" :


             Naître


D'une tradition béate et quotidienne,

L'âme inquiète, inassouvie,

Chercher à l'infini

Une éclaircie,

Et cette lumière la faire sienne

Pour tuer en soi les,dieux morts

En créant des âmes nouvelles,

             C'est être.


              Puis,   Ivre

Dans la plénitude du Rêve

Voir les horizons s'élargir,

Fasciné par leur splendeur altière

Sur les Cîmes un jour parvenir,

                C'est vivre.


                 Et          tel

Un humain surcréé

Parmi les lâches que nous sommes,

Brandir si haut la Vérité

Que meurtris soient les bras

Et exangue la force,

C'est dépasser la terrestre norme,

C'est presque forcer, Mortel,

                L'Immortalité.

        

     






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