Les vaudois pauvres apôtres de Dieu

Publié le

En 1160 un riche marchand lyonnais, Pierre Valdo, ou Valdes,  se mit à prêcher un christianisme basé sur le passage de l'Evangile de Marc, dans lequel Jésus dit de ses disciples qu'ils doivent abandonner les biens de ce monde.


Le succès fut immédiat. En effet, l'Eglise était richissime, les monastères ne l'étaient pas moins, certains étant des clubs de moines paillards. Le peuple le savait, bien entendu, et fut ravi d'entendre un catholique voulant en revenir à la pauvreté évangélique.


Valdo s'en alla par monts et par vaux prêcher le retour aux sources de l'Eglise. Au début les évêques, qui se vautraient dans le stupre et la fornication rirent de ce "fou" exhalté, ne le considérant nullement comme hérétique, mais comme doux rêveur.


Cependant, pour prêcher il fallait une autorisation épiscopale, et la hiérarchie voyant que le succès de Valdo grandissait de jour en jour, lui rappelèrent fermement les régles de l'Eglise romaine.  Considérant ce rappel comme nul et non avenu, il continua de plus belle, et fut l'objet d'une exclusion du pape de l'époque, Lucius III.


Les partisans de Valdo, les vaudois, haussèrent lesd épaules , attendant plutôt du pape et des évêques qu'il abandonnent richesses, maîtresses et ripailles. Ils furent dès lors considérés comme shismatiques, ce qui ne le émut guère.


Allant plus loin, les vaudois affirmèrent que les laïques honorables devaient exercer le sacerdoce, en lieu et place des membres du clergé qui contrevenaient à la "sainte pauvreté". Il considéraient l'empereur Constantin, qui fit de l'Eglise une organisation ayant pignon, et quel pignon, sur rue, avait fait, de par celà, un tort énorme. Le pasteur Wilffred Monod, dans une homélie, déclara Avec Constantin, la croix grandit de la  lame d'une épée !


Les vaudois se mirent à baptiser, à donner la communion, se riant des sacrements conférés par le clergé, lequel n'appréciait pas, faut-il le dire ?

Ô horreur, il disaient que le phénomène de la transubstatiation, c'est à dire la transformation totale du pain et du vin en corps et en sang du Christ, se faisait seulement dans la bouche des vrais chrétiens, et non après la consécration par les prêtres.


Souvent leur culte se déroulait dans de simples maisons, au cours d'un repas, comme dans l'Eglise des temps apostolique. C'est durant ces agapes, au sens noble du terme, que les fidèles étaient baptisés, confessés, et recevaient l'effusion du Saint Esprit, pour employer une formule chère au charismatiques catholiques et aux pentecôtistes protestants.


Les vaudois étaient de braves gens mais non de gais lurons. Ils ne concevaient le mariage que dans des fins procréatrices. 

Ils rejetaient le culte des saints, le serment, le fait d'ester en justice, de guerroyer et d'être propriétaires de terres.


La "secte" se propageait à la vitesse "grand V", et ses membres durent s'enfuir au Pièmont et dans le Dauphiné.

Naïfs ils sollicitèrent une audience du pape Innocent III, pour obtenir son approbation qu'il leur refusa, comme ils auraient dû s'en douter.

Furieux, certains s'allièrent aux albigeois et furent, par conséquent, persécutés avec la même cruauté que ces derniers.


Ils retournèrent alors dans leurs vallées et dans le Canton de Vaud, qui, en fait, n'avait pas encore été créé et constituait une simple région de Suisse.


En 1487 la "sainte" Eglise romaine lança contre eux une croisade cruelle ( ne le sont-elles pas toutes ? ), mais sans succès malgré les bûchers. Fureur du "saint" Père !


Lorsque la Réforme fut prêchée un peu partout en Europe, nos vaudois en attendirent une protection, voire une union. Mais l'entente avec Luther n'eut pas lieu.

Plus tard ils allèrent vers les calvinistes. Un des bras de droits du redoutable Calvin, Guillaume Farrel, fit ce que Luther ne sut faire, et les convainquit de signer un accord, moyennant l'abandon de certaines pratiques et croyances. Il devinrent donc pro-calvinistes.


Hélas, les guerres de religions qui ensanglantèrent la France, où beaucoup vivaient, leur valurent de nouvelles persécutions. Des villages vaudois furent rasés, hommes femmes en enfants passés par le fil de l'épée. Cromwell lui-même, qui n'avait rien d'un vaudois, protesta et menaça les assassins catholiques. Une trêve fut signée.


Au début du XVIIIe, lorsqu'une bonne partie de leur territoire devint propriété du duc de Savoie, ils purent vivre en paix.


En Italie existeencore une Eglise évangélique vaudoise, reconnue par les autres Eglises issues de la Réforme. Il semblerait que le nombre de fidèles diminue. A ma grande honte j'avoue en ignorer la raison. Peut-être le succès rencontré par les protestants pentecôtistes ?





Commenter cet article

levy 07/12/2008 12:37

alors vous trouvez bizare des juifs nazis oui en israel venant de russie les extremes droites juives contre les musulmans en israel !!!!! vive les etats laics guy

nicolas dupond 04/12/2008 15:32

Jacques,

Je te comprends.

Mais même sans angélisme, tous les musulmans ne sont pas sur cette longueur d'onde.

Quoique avec prudence, il y a peut être plus d'intégristes chez eux que dans les autres religions. Mais là aussi intégristes ne veut pas dire terroristes.

Néanmoins, une frange minime du monde Arabe a plus ou moins eu des comportements étranges dans le passé.

Amitiés avec l'axe dans les années 40. La garde du grand mufti de Jérusalem défilait en uniforme SS (même si cela peut faire rire si on aime un humour très noir).

Et même maintenant, il paraîtrait que certains terroristes islamistes aient des liens avec des néonazis (même si cela peut sembler antinomique). Notamment, le Monde en 2001 avait fait le lien entre un banquier suisse néonazi et O. Ben Laden.

Jacques Cécius 04/12/2008 14:15

Au risque de me faire taxer de xénophobie, je relate ce qui m'est arrivé, dans la salle d'attente d'une prion où j'allais visiter un détenu :
un "barbu" lisait paisiblement un opuscule, sa femme voilée à ses côtés. Comme j'ai l'habitude lorsque je me rends en prison, de saluer chacun, le susdit "barbu" me fit un sourire. Sa femme et lui étaient accompagné d'un charmant bambin. j'ai commencé à jouer avec lui. Les parents semblaient contents. Avant l'entrée au parloir, le "barbu" me remit l'opuscule qu'il lisait en me disant "lisez-le, et puis vous le donnerez à qui vous voudrez". rentré à la maison,j'ai jeté un coup d'oeil sur cette littérature, qui expliquait comme "redresser une famille" : cravache pendue sur le mûr à vue des enfants qui, lorsqu'ils n'obéissent pas, doivent réciter six sourates du Coran et recevoir une correction (sans violence excessive il est vrai). Surveillance des épouses.
Obligation de la prière en famille. Etude, par cœur, du Coran. Et j'en passe...
La chose donne à frémir. Non ?

JLG Iconoclaste, anarco révolutionnaire 04/12/2008 13:52

Pentecotistes, catholiques Romains, mais ne voyer vous pas l'énorme tsunami Musulman avec les jeunes en tête fanatisés par les extrémistes qui attendent leur sacrifice pour imposer leur loi : A TOUT LE MONDE.
Les musulmans muets mais présent sur le sol qui ne s'opposeront pas à leur égémonie.
N'oubliez pas si en France l'Eglise Romaine a su mettre resté dans son domaine : les ames. Les extrémistes musulmans ne pensent pas ainsi sont sans partage ni concession.

Jacques Cécius 02/12/2008 17:59

Cher Maurice,
je reviens un instant sur ton commentaire : certains pentecôtistes sortent de leur Eglise, mais je pense, contrairement à toi, qu'ils représentent une infime minorité. Je me trompe peut-être, je parle de mon expérience.Dans ma région il y a environ sept Eglise pentecôtistes (florissantes), pour une qui ne l'est pas... Attendons ce que nous réserve l'avenir...