La Raison

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L'homme de Raison est solidaire de tout ce qui vit sur cette terre. Il se veut en communion avec l'Univers. Comme le furent le chanoine Lemaire, à qui nous devons la théorie du Big Bang, Teillard de Chardin, Jacques Ellul, et tant d'autres qui croyaient en Dieu, quelque soit ce Dieu d'ailleurs.

Mais peut-on vivre cette "catholicité" (universalité) avec ce qui nous entoure sans ressentir la moindre émotion ? Voltaire, homme de Raison, mais qui n'était pas sans défauts, lorsqu'il prit la défense de la mémoire du huguenot Callas, était-il semblable à cet empereur romain, stoïcien, qui, alors qu'il sarclait ses laitues apprit la mlort au combat de son fils et déclara Je n'ai jamais cru qu'il  soit immortel!  ? Entre Voltaire le combattant, et l'empereur, je choisis le premier.

Un rationalisme humble, sans excès, sans dogmatisme, mais non le scientisme du début du XXe siècle, serait-il une méthode tellement abstraite qu'elle serait réservé à une élite ? Devant la débauche de sophisme pour justifier l'injustifiable, le nazisme, le stalinisme, doctrines qui ont débouché sur une succession de "mini-apocalypses" : deux guerres mondiales, la Shoah, Hiroshima, le génocide au Rwanda, il importe que l'idéal rationaliste se mette à la portée de l'homme moyen, comme le souhaitait Alain.

Il importe que les rationalistes cessent de croire et de dire que seuls les athées peuvent être hommes et femmes de raison.
La Raison doit faire appel à des notions simples, très simples, mais ô combien difficiles à vivre : le dépouillement - l'écoute de l'autre - la mise à la portée de l'humain moyen des nobles idées.
Dépouillement du chercheur dans son laboratoire, qui veut être celui qui observe sans faire appel à la méthaphysique. Ecoute de l'autre : nous avons tous quelque chose à apprendre de lui. Mise à la portée des humains des nobles idées : l'enseignement doit inclure, ce qui n'est pas le cas en Belgique, l'étude des philosophies, mis aussi il doit pousser les jeunes vers l'effort quotidien pourqu'ils voient ce qui compte en ce bas monde : la rupture de l'homme avec les égoIsmes, l'indifférence.

Malheureusement cet idéal s'est assoupi chez la plupart et, ce qui est tragique, chez bon nombre de francs-maçons qui oublient qu'il sont des combattants, des bâtisseurs d'un monde meilleur. Il est devenu le ronron du chapelet ou du moulin à prières thibétain.

Et pourtant l'urgence de la sortie de l'assoupissement a sonné. Il n'est pas trop tard, mais il est temps, car si nous ne savons pas où va le monde, nous savons, par contre, qu'il y va vite ! 
Chez les plus lucides, ceux qui entendent continuer à penser pour pouvoir mieux lutter contre l'injustisme, la misère, les mensonges des puissants, doit naître un "esprit de croisade", non pas pour libérer le tombeau d'un Dieu ou d'un prophète, mais pour que cesse le sommeil de la Raison qui engendre des monstres. Ces mots sont écrits au dessus d'une dession de Goya, sur lequel on voit un homme endormi, la tête sur ses bras reposant sur une table, et des énormes vampires qui volent eu desus de lui.

Les francs-maçons ont un travail de salubrité à accomplir pour faire barrage aux théories folles qui progresent à peu plus chaque jour : New Age - fondamentismes religieux - "théologies" abérantes - "méthaphysiques" comme celle prêchée par Guénon, ce mystificateur- et j'en passe. Voyez les dégats du fondamentalismùe protestant qui entend bien faire inerdire l'enseignement de l'évolutionnisme aux USA, ou l'intégrisme musulman, minoritaire il est vrai, qui fait exploser des bombes en Irak oui ailleurs.

N'omettons pas de citer les philosophes d'arrières salles de troquets, qu'on entend parfois au bar de la loge lorsque,  avinés, ("In vino véritas"), ils se montrent sous leur vrai jour. Cela arrive parfois, mais exceptionnellement, Dieu merci. Mais la chose existe. Et tant pis si, en écrivant cela, je me fais quelques ennemis de plus...

Il nous faut reprendre la lutte qu'avaient entrepris des maçons comme Desmons, qui fit du Grand Orient de France une obédience adogmatique, Shoelcher, qui fit supprimer l'esclavage par la France, Combes qui sauva la République en mattant les congrégations à la solde des royalistes et des extrémistes de droite, de Verhaegen, qui, de concert avec son frère Baron, créa l'Université Libre (exaministe) de Bruxelles, de Louise Michel, la Vierge rouge, qui mit sa vie au services des exploités, d'Isabelle Gatti de Gamond, grâce à qui on ouvrit à Bruxelles la première école moyenne pour jeunes filles, de Henri Lafontaine dont la vie de confond avec la défense de la Paix, et qui reçu d'ailleurs le Nobel pour cela,  de David Blum qui fit de même, de Prouhon et d'autres frères libertaires qui rêvaient d'un monde au sein duquel les hommes seraient respectés, de Pierre Brossolette, qui mit fin à ses jours pour ne pas prendre le risque de parler sous la torture durant la dernière guerre, De Francisco Ferrer, martyr de l'enseignement rationnaliste et de la Libre-Pensée, et des milliers d'autres qui furent embastillés, torturés, exécutés, pour avoir défendu la Liberté, l'Egalité et la Fraternité.

Mais furent hommes de Raison également Gautama le Bouddha, qui, contrairement à une idée trop souvent répandues, était, lui aussi rationnaliste : voyant sur le bord d'un fleuve un ascète décharné qui méditait sans bouger lui demanda "mais pourquoi médites-tu sans cesse?" L'autre répondit "parce que je veux ariver à marcher sur cette rivière" Et le Bouddha de lui dire "prends plutôt cette barque!".

Kant, chaque jour, lui l'homme de Raison par excellence, se promenait dans son jardin pour admirer les fleurs et écouter le chant des oiseaux. La Raison n'est pas déssèchante. Non !

Cela étant il ne faut pas que l'émotion prenne le pas sur la Raison. Il faut être vigileant pour percevoir
 les dangers de l'irrationnel et dénoncer ceux qui voudraient nous faire croire aux exploits de Cagliostro ou du comte de Saint-Germain. Il faut faire barrage également, aux réactions instinctives. Distinguer l'élément émotionnel et l'élément rationnel. Etre maître de nous-mêmes pour vaincre  (sans violen) les illuminés. Nous pourrons alors apporter au monde un message d'espoir.

Paraphrasant Marc-Aurèle je dirais : Les hommes sont parents. Ils sont nés les uns pour les autres. Instruits-les donc ou alors... supporte-les !

Parce que raisonnables, comme  le pasteur Schweitzer, l'abbé Pierre ou soeur Emmanuelle, malgré les différences qu'il y avaient entre-eux qui poursuivaient un combat qui n'aurait pu aboutir s'il avaient été des mystiques brumeux. Humains, pleinement humains sans restriction ils ont suivi un chemin difficile. Sachons, même si la plupart d'entre-nous, maçons, ne partageons pas leurs idées religieuses, reconnaître qu'ils furent des êtres de Raison. Car la Raison exige la justice et la dignité pour tous, ce qui était leur combat.

Nous, francs-maçons, ne devons pas nous contenter d'étudier les symboles, de bâtir, comme nos FF.°. américains, des maisons de retraîte, mais nous devons montrer du doigt les injustices, la pauvreté qui progresse chaque jour malgré le "génie" de nos économistes, les responsables du réchauffement climatique, les banquiers qui se rient des hommes, les patrons de multinationales qui les exploitent (les hommes, pas les banquiers !).
Nos efforts doivent tendre à remédier à la souffrance, et pour cela nous ne devons pas nous enfermer dans une tour d'ivoire, assis dans la position du lotus devant le Tapis de loge !

Nous devons prendre conscience de ce que notre efficacité sera SOCIALE ou ne sera pas ! Mais aussi garder en mémoire ces paroles de Saint Paul : Et quand j'aurais le don de prophétiser, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité je ne suis rien!"
Il ne s'agit pas ici, vous l'avez compris de la charité des dames patronnesses, mais de celle qui considère chaque humain comme un frère, et lui tend la main. La meilleure manière de le faire est de s'engager, individuellement, mais aussi collectivement comme devraient le faire les obédiences adogmatiques, et comme le fit le GODF fin XIXe et déburt du XXe siècle.

En cette  triste
période, alors que depuis un siècle les délires millénaristes se réveillent, le franc-maçon, la franc-maçonnerie, se doivent d'être optimistes et de ne pas céder à la peur et à la nausée.

La Raison et la Solidarité triompheront probablement, un jour encore lointain hélas, de l'indifférence. Pour y contribuer soyons des... ascètes de la pensée et des passionnés de la vie !


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nicolas dupond 16/12/2008 09:26

Jacques,

Suite à ta remarque, je me permets de présenter mes plates excuses à "Profane", qui est bien évidemment mon Frère humain.

Que veux tu? La déformation de trop fréquenter des symbolistes: c'est contagieux.

nicolas dupond 16/12/2008 09:23

Meci Jacques,

Donc même la 1ère SOT (dont certains Frères de la GLTSO sont nostalgiques) n'étaient pas elle même maçonnique.

En tout cas, elle était l'obédience du duc de Brunswick, chef des armées contre révolutionnaires en 1789. CQFD.

Jacques Cécius 12/12/2008 14:56

Pour Profane :

Je suis étonné...
adresse : j.cecius@versateladsl.be

Quant à la vôtre je ne me souviens pas l'avoir reçue...

Salut et Fraternité.

profane 11/12/2008 19:56

Jacques, votre e-mail n'est pas valide à priori, contactez moi à l'adresse que je vous ai laissée.
A bientôt et merci ;)

Jacques Cécius 11/12/2008 12:27

Nicolas :
La STO n'avait rien de maçonnique, mais fut fondée par un charlatan de la plus belle eau, le baron de Hund, qui n'arrêtait pas de parler des patentes reçues, mais ne les exhiba jamais !