Une page peu reluisante de l'Eglise romaine

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La plupart des gens pensent que l'Eglise romaine a toujours eu un pape à sa tête.  Faux ! Il fut un temps où le siège de Pierre était occupé par plusieurs pontifes...

L'Eglise catholique apostique mais surtout romaine, vécu des moments difficiles (euphémisme !). Notamment lors de ce qui fut appelé le grand shisme d'Occident, qui dura du XIVe au XVe siècle.

En fait le politique se mèlait au spirituel (les choses ont-elles changé ?). Le roi de France entendait bien avoir une importante influence sur le Souverain Pontife.

Après que Benoit XI, le pape d'alors,  ait défuncté, sept papes français prirent sa succession, appuyés par  la France et son roi. Ils décidèrent de résider à Avignon, là où les  beaux messieurs et les belles dames aimaient danser sur le pont. Les cardinaux aussi peut-être, mais cela la chanson ne nous le dit pas. Dans le célèbre château, ils vivaient dans un luxe scandaleux qui faisait jaser le peuple et certains membres du clergé.

Jaloux de ce qui n'était pas encore la patrie de Voltaire, les autres souverains rêvaient de voir la papauté retourner à Rome. 


A Rome le pape Grégoire XI décidé de s'y rendre mais, chose curieuse pour le moins, arrivé dans la ville sainte in s'en alla ad Patres, nous étions en 1378. Quelle est la maladie qui eut raison de lui, la question reste posée. Ce que l'on sait, par contre, c'est qu'il était courant que des "papabiles" aident un  succeseur de Pierre à passer de vie à trépas.

Les romains, qui en avaient assez de ne plus avoir de pape à portée de la main (c'est parfois utile!), exigèrent que soit élu un cardinal italien.
Le conclave, non sans avoir vitupéré contre la manque de confiance du populo, élit un mois plus tard le cardinal Prignago, de Bari, qui choisit de sa faire appeler Urbain VI.

Mais les pères conciliaires mirent les voiles, se réfugiièrent à Fondi, dans le royaume de Naples. Là ils décid§rent d'annuler la décision prise peu de temps aupavant, et élirent Robert,  cardinal de Genève, qui prit le nom de Clément VII.
Ce à quoi les cardinaux ne s'attendaient pas, c'est au fait qu'Urbain VI ne l'entendait pas de cette oreille, et décida de ne pas abdiquer.

Le susnommé décida de renouer avec l'ancienne tradition, et de rester à Rome, tandis que Clément VII s'installa à Avignon. L'Eglise avait deux papes ! Comme il fallait s'y attendre la France le soutint, ainsi que l'Espagne, La Sicile,  l'Ecosse et Chypre. Quant aux Etats allemands et à l'Angleterre, elles donnèrent leur appuis à Urbain VI.

Les fidèles ne savaient à quel pape se vouer... Celui de Rome, ou celui d'Avignon où les beaux messieurs et les belles dames continuaient à danser sur le pont...

La situation devait durer quarante ans ! A Avignon Clément VI règna seize ans. Un bail à l'époque. Lui succéda Benoit VIII.
A Rome Urbain VI tint le coup moins longtemps et eut pour successeurs Boniface IX, ensuite Innocent VII, Grégoire VII, Alexandre V et Jean XXIII (quisera plus tard déposé pour sa manière de vivre peu conciliable avec sa dignité).

La situation devenait intenable, et les prélats de l'Eglise décidèrent de convoquer un concile à Pise en 1409. Les pères concilièrent et conciliants, déposèrent les deux papes et élirent Alexandre V. Mais les deux bougres refusèrent de céder. L'Eglise avait trois papes ! ! !

Devant les remous que causait cette situation, un autre concile fut convoqué, cette fois à Constance en 1417. Le pape romain abandonna le pontificat, redoutant probablement de mourir prématurément, Jean XXIII, successeur d'Alexandre V fit de même, plus exactement il y fut contraint, et Benoit XIII fut déposé mais ne tint pas compte de cette décision et resta pape jusqu'à sa mort...
Martin V, un bien brave homme, arriva non sans problèmes à s'imposer à la chrétienté.

Ce fut la fin du grand shisme d'Occident, qui avait consterné les fidèles, on le comprend sans peine.

Mais cette peu brillante période de l'histoire de l'Eglise romaine allait servir à quelques illuminés, pour prétendre que des conciles secrets désignèrent des successeurs à Benoit VIII. Il se fait qu'encore aujourd'hui il se trouvent une infime minorité de "catholiques" (?) pour affirmer que le vrai pape ne réside pas à Rome, mais dans un endroit qui n'est pas révélé.

Il faut savoir aussi que des évêques et des prétres, suivis par une poignée de fidèles, considèrent que Benoit XVI, n'est nullement pape, ils l'appellent d'ailleurs "l'abbé Ratzinger"; Ces récalcitrants, qui n'ont rien à voir avec ceux qui se tapèrent sur l'occiput lors du différend opposant mes trois pontifes, sont appellés sédévacantaires, et sont des dissidents de la dissidence de feu Mgr Lefèbvre. Nous en reparlerons un de ces quatre.



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