Les caïnites

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Tout d'abord citons quelques mouvements gnostiques qui secouèrent et inquiétèrent l'Eglise primitive.
La liste est extraite du "Dictionnaire des hérésies dans l'Eglise catholique" par Hervé-LMasson, Sand éd.) :

Adamites - agapètes - antitactes - apellines - archontiques - audiens -  borborites - naasènes - basilidiens - caïnites - carpocratiens - cerdon - cléobiens - colarbasiens -  dosithéens - encratites - et j'en passe.

La gnosticisme consiste en la tentative d'atteindre le salut par la connaissance.
Il est incontestables que les Pères de l'Eglise furent gnostiques, mais ne pratiquèrent pas "la gnose au nom menteur" ainsi que la qualifiait Irénée de Lyon, c'est à dire le gnosticisme des susnommés et d'autres encore.

Jusqu'aux environs des années 1950 on n'avait sous la mais quasiment pas d'écrits gnostiques originaux, autres que la Pistis Sophia (Sophia = sagesse) etquelques textes sans grand intérêt. Cependant la découvertes des manuscrits de Nag Hammadi a comblé en partie cette lacune.

 L'Eglise primitive fut  titillée par différents groupes gnostiques : simonien (Simon de Magicien dont parle le Livre des Actes) - basilidiens - valentiniens - etc... mais aussi caïnites.

On peut dire que déja aux temps apostoliques des gnostiques se manifestèrent, dont Simon le magicien qui fut quelques temps une épine dans le pied pour l'apôtre Paul et son confrère Pierre. Il avait probablement reçu le baptême de Jean-Baptiste.

Parties d'Egypte et de Syrie, les idées gnostiques se répandirent vite en Gaule, d'où la réaction vive de l'évêque Irénée de Lyon.

Néanmoins le mouvement gnostique finit par mourrir de sa belle mort (pour autant qu'une mort soit belle !), à la fin du VIe siècle semble-t-il.

Il y eut bien la tentative du farnc-maçon Jules Doinel, à l'époque moderne, de créer une Eglise gnostique, par ordre de Jésus lui-même. Doinel affirmait qu'il avait été consacré  au cours d'une séance de spiritisme par trois évêques bogomiles.
 L'Eglise existe encore. Plussieurs maçons occultistes et plus ou moins illustres, en firent partie, et furent d'ailleurs ordonnés évêques : Papus - Guénon - Ambelain - Amadou, etc... Cette Eglise s'est divisée en plusieurs chapelles, dont la plus récente est l'Eglise gnostique chaote, qui, dans sa "Litanie des Saints" cite notamment Bakounine !

Le gnosticisme ne pouvait avoir que des problèmes avec l'Eglise, car il rejetait le canon des Ecritures dans sa totalité, mais aussi parce les mouvements qui le composaient étaient le plus souvent dualistes.

La plupart des mouvements gnostiques affirmaient pouvoir répondre au problème du Mal, ce qui reste un grande question en ce début de XXIe siècle. Pour eux, ou bien Dieu, qui est amour, n'avait pu le créer, ou bien exitait un Dieu "mauvais" créateur du monde tel que nous le connaissons, et qui n'est pas, il est vrai, très reluisant...  Il s'agissait d'un pur manichéisme en l'occurence.

Nous ne nous étendrons pas sur le gnosticisme, plusieurs "articles" seraient indispensables, car les thèses différaient : manichéennes, nous venons de le voir - pseudo-pythagoriciennes et réincarnationnistes - docètistes affirmant que Jésus n'avait pas eut de corps réel - etc...

Ceux qui nous intéressent sont les caïnistes ou caïnites. Ils étaient manichéens. Ils pensaient donc qu'à côté du Dieu bon il avait un démiurge, une créateur. Caïn avait été le fils du Dieu bon, tandis que son frère Abel était celui du démiurge. Voila la raison de la vénération des caïnites pour l'assassin d'Abel !

Ils estimaient que Judas Iscariote n'avait pas trahi son maître, mais qu'il l'avait, en quelque sorte, livré à ses ennemis parce qu'il savait que la mort du Messie - prophète - Dieu Fils (au choix) - était nécessaire pour le salut des hommes et pour calmer le courroux du Dieu bon à leur égard depuis le péché d'Adam.

Les caïnites s'en référaient à "L'Evangile de Judas". Ils rejetaient absolument l'Ancien Testament, alant jusqu'à vénérer ceux que le Tanak (Bible hébraïque), condamnait, entre-autres Esaû, Coré, etc...

Pour eux la résurrection des corps était une calembredaine, et les anges encouragaient le péché qui, en fait n'avait aucune réalité.

Ils furent accusés, comme ce fut souvent le cas dans l'histoire de l'Eglise, des pires dépravations, notamment de sodomie, et d'organisation de partouzes.

Selon certains une forme de franc-maçonnerie se réclamaient de Caïn, lequel, disait les frères "trois-points" qui probablement avaient un haneton dans la soupente, avait joué un grand rôle civilisateur !

Cette accusation contre des francs-maçons n'est nullement prouvée, mais peut toujours servir à alimenter les fantasmes des adversaire "de la secte"...


 






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