La laïcité, cette ennemie !

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Un petit pays, plus exactement un grand duché (!),  le Luxembourg, suite à la décision du grand Duc de vouloir mettre des peaux de bananes sur le chemin de la loi autorisant l'euthanasie, à décidé de revoir les prérogatives du pouvori exécutif. Or, le Luxembourg est un pays catholique et, il faut oser le dire, ultra-catholique. Mais les représentants du peuple ont décidé, malgré les pressions vaticanes, d'aller de l'avant et d'accorder à ceux qui le désirent, le droit de mourir dans la dignité.

Bel exemple pour la France de Sarko qui, lui, en vassal de Benoit XVI, voudrait revenir en arrière sur ce qui a fait la grandeur de son pays au début du XXe siècle, la séparation des Eglises et de l'Etat. Oh, il ne le dit pas ainsi, mais on sent très bien sa volonté de refaire de la patrie d'Helvétius et de Voltaire la "fille aînée de l'Eglise" (romaine bien entendu).

Le principe de laïcité "positive" défendu par Sarko est en fait une volonté de voir l'Europe, avec l'aide des Habsbourg, de l'Opus Dei et du Renouveau charismatique, en revenir aux "racines chrétiennes".

Le retour du religieux, ou plus exactement des religions, est en faitactuellement une progression de l'Islam, du Bouddhisme, et du protestantisme évangélique abètissant. Nullement du catholicisme, malgré les 2.000 baptêmes d'adultes annoncés chaque année par l'Eglise de France. Celle-ci s'étiole. Comme le disait mon saint homme de gra,nd-père "ils en ont tellement fait que les gens se détournent d'eux". J'ajoute, sauf pour les grands évènements de la vie (encore que) : naissance - mariage - funérailles. Mais les choses pourraient changer si nous ne tenons pas Rome à l'oeil. Et ses vassaux !

Le Grand Orient de France, en 1877, grâce à un pasteur, président du Conseil de l'Ordre, Frédéric Desmons (1832-1909), a voulu que la liberté de conscience soit la règle dans l'obédience. Le convent (congrès) annuel du GODF a donc supprimé l'obligation d'exiger des impétrants la croyance en Dieu, de travailler "A la gloire du Grand Architecte de l'univers", et de placer sur l'autel la Bible ouverte au prologue de l'Evangile de Jean lors des tenues de loge.

Ainsi, le GODF a été le fer de lance de la liberté de conscience, de l'Humanisme, à une époque où la République était menacée. Grâce lui soit rendue !

Frédéric Desmons fit ses études de théologie protestante à Genêve, qui était toujours à l'époque la Rome du protestantisme réformé. Il exerça dans le département du Gard, à Niers, en Ardèche, à Vals, pour revenir dans le Gard, à Saint-Geniès-de-Malgoirès. Il appartenait à l'aile libérale du protestantisme.

Fait franc-maçon à Nîmes, en la loge "L'Echo", il contribua ensuite à essaimer pour créer la loge "Le Progrès" à Saint-Geniès-de-Malgoirès.

En 1880 il devient député d'Alès, et en 1894 sénateur du Gard. Il démissionna de ses fonctions de pasteur, estimant qu'elles n'étaient pas compatibles avec celles d'élude la Nation. Il était déjà un ardent partisan de la laïcité de l'Etat.

Il combatit les cléricaux royalistes, et participa, avec d'autres frères, à l'épuration de l'armée, dont beaucoup, sinon l'immense majorité des officiers, haïssaient "la gueuze".

Que de chemin parcouru depuis... L'instruction laïque, gratuite et obligatoire, le droit à la contraception et à l'interruption volontaire de grossesse, sans oublier un grand nombre de lois sociales vôtées après que le GODF en ait discuté dans ses loges.

Ces choses l'Eglise ne les a pas avalées. Elles lui sont restées comme un arrête de hareng saur au travers de la gorge 
.Aujourd'hui existe ce qu'il n'est pas exagéré d'appeler un complot contre la laïcité. Rappelons-nous Sarko affirmant dans son discours au Vatican qu'un prêtre était plus utile qu'un enseignant ! Cela me rappelle une gravure anti-cléricale de la fin du XIXe siècle, montrant un patron ventripotent disant à un cureton "Maintiens les bêtes, je les maintiendrai pauvres!". C'était, certes, exagéré, mais il n'en reste pas moins que là où les religions sont  puissantes le peuple est maintenu dans l'ignorance.

La laïcité c'est le libre-examen. Le droit de douter . Celui de croire ou de ne pas croire. L'instruction pour tous. La non ingérence des religions dans les affaires de l'Etat. Mais aussi le droit pour celles-ci de dire les choses qu'elles pensent vraies.

Nous assistons actuellement en France, depuis quelques années, à un rapprochement des Eglises avec le principe  de "laïcté positive" chère à Sarko. L'ancien président de la Fédération protestante de France, le pasteur de Clermont n'étonna-t-il pas le président Chirac en lui disant qu'il ne fallait pas raser le bêtiment (la laïcité), mais le repeindre.

Si les démocrates laissent faire, ce sera, à terme, le retour  la suprématie des religions, et singulièrement des franges les plus réactionnaires  de celles-ci : Renouveau charismatique, protestantisme fondamentaliste, Islam intégriste.

C'est à une mobilisation générale des organisations laïques : Libre-Pensée - franc-maçonnerie progressiste - Union des athées - Union rationaliste, mais aussi des croyants libéraux, qu'il faut appeler. Non pas une conférence ou une manifestation de temps à autre, mais à un combat permanent. Une vigileance de tous les instants.

On attribue faussement à Gambetta ce slogan "Le cléricalisme, voilà l'ennemi". Mais la chose est vraie, même si l'illustre homme d'Etat avait repris à un autre député dont le nom m'échappe cette phrase choc.

Il ne s'agit pas de combattre les religions et de vouloir les éradiquer, ce qui serait absurde, et ce qui est d'ailleurs impossible, mais de veiller à ce que vivent la Liberté - l'Egalité - la Fraternité,   cette glorieuse trilogie maçonnique reprise par les révolutionnaires.

Que la Belgique prenne exemple sur le Luxembourg et réduise les prérogatives du souverain. Qu'aucun monarque ne soit chef d'Eglise, en Grande-Bretagne ou ailleurs.

Que la religion reste dans la sphère privée !


                                                              

 










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Jacques cécius 12/01/2009 10:25

Pour Nicolas :

Les Habsbourg sont les cheville ouvrière (sic) de l'Opus Dei. Probablement sont-ils chevaliers de quelque chose également.

Jacques cécius 12/01/2009 10:24

Pour Jacky Neboise :

Bravo pour votre objectivité !

nicolas dupond 12/01/2009 09:32

Les Hasbourgs sont ceux qui étaient empereurs d'Autriche- Hongrie avant 14?

Ces derniers sont réputés proches des chevaliers de Malte.

Est ce que cette ordre en dehors de son obédience catholique qui ne fait aucun doute est à rapprocher de l'opus déi?

Jacky NEBOISE 11/01/2009 17:49

"Il n'y a pas de drogues douces et de drogues dures, il n'y a que DES drogues", a dit Nicolas Sarkozy. Je suis pro-Sarkozy, sauf quand il mêle la spiritualité, en fait SA spiritualité, à ses déclarations de chef d'Etat. Et là, je le paraphraserai en écrivant : il n'y a pas de laïcité positive et de laïcité négative : il n'y a que LA laïcité, celle qui prévaut en France depuis 1905.