Jésus (suite)

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Des versets existent, certes, qui voudraient imposer la thèse selon laquelle Jésus était considéré comme Dieu par ses disciples. Notamment celui relatant que l'Apôtre Thomas  mit le doigt dans les plaies du Christ en s'écriant "Mon Seigneur et mon Dieu". Là aussi, manifestement, il s'agit d'une interpollation, c'est à dire d'un ajout pour les besoins de la cause.

Le Maître annonçait l'imminence du Royaume
. Il n'a jamais prétendu qu'il l'établirait lui-même. Cette thèse de l'imminence du Royaume fut reprise par Paul dans un premier temps. Ensuite on voit  qu'il recule quelque peu l'échéance, de même que l'auteur des épitres attribuées à Pierre .

La parousie, le retour du Christ en gloire, inaugurant, soit un rêgne de mille ans de Jésus, soit l'enlêvement des "chrétiens" (qui n'étaient pas encore appelés ainsi), avant une domination de Satandurant mille ans et la lutte entre "Gog et Magog", tardait elle aussi. Certaines Eglises, les Eglises de pentecôte par exemple, l'annoncent aujourd'hui comme devant arriver dans les temps proches. La Parousie doit précéder l'établissement du Royaume et le rétablissement d'Israël dans ses droits.

Rien de cela n'est donc arrivé après la "montée de Jésus au ciel", et c'est pourquoi les fidèles du Maître ont créé des structures, et, finalement, l'Eglise est née avec Constantin. Depuis des prêcheurs n'ont cessé d'annoncer le grand évènement. Un des derniers en date fut un évêque catholique canadien, Mgr Mathieu, qui annonça que le Christ allait revenir durant le mois de juillet 1993 (si mes souvenirs sont bons). Il devait être précédé, disait-il, de quatre jours d'obscurité totale.Les fidèles devaient donc se munir de bougies bénies et se confesser. Dans le monde des milliers de catholiques attendirent vainement le retour du Jésus. Rome avait mit en garde les catholiques contre l'annonce de la parousie par ce prélat.

Le fameux verset "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise" ne tient pas debout. En effet, si, comme écrit ci-avant, Jésus annonçait le Royaume comme imminent, pourquoi aurait-il créé une institution devant durer ? C'est le genre de verset qu'on qualifie "d'après Pâques".

Pour enrevenir à la Pâque juive, et à la soirée du "jeudi saint", Jésus aurait dit, avant de distribuer des fragment de pain et du vin "Ceci EST mon corps - ceci EST mon sang". Or, ni en hébreu, ni en araméen, le verbe "être" ne se conjuge au présent... Qu'a-t-il donc réellement dit ?

Aux temps apostoliques, nous le savons, deux grandes tendances existaient : les fidèles de Jésus continuant à pratiquer le judaïsme et respectant la loi mosaïque (Pierre - Jacques le frère du seigneur - Jean - etc...), et une autre ayant Paul à sa tête, qui, en excellent tacticien, avai tcompris qu'il fallait acepter dans ce qui n'était pas encore l'Eglise, des païens non circoncis, et s'alimentant comme ils l'avaient toujours fait.
Les deux tendances s'opposèrent lors de ce qui fut appelé "le Concile de Jérusalem", qui était en fait une simple réunion pour faire le point etdiscuter des deux coneptions.  Paul l'emporta et ainsi la doctrine allait pouvoir s'exporter, ce qu'elle fit.

Au sujet de la virginité perpétuelle de Marie, puisque nous venons de citer Jacques le frère du Seigneur, il est bien écrit dans les Evangiles "Jésus fils premier né". Cela veut qu'il y en eut d'autres...  Jacques jouissait d'ailleurs d'un prestige plus grand que celui de Pierre (voir le Livre des Actes).

Je vous propose la lecture de ce qu'écrivait Jean Daniel dans le "Nouvel Observateur" (n° 35, hors série), il y a quelques années certes, ce qui n'enlève rien à la pertinence du texte :

(...) cette continuité rétablie entre le judaïsme et le christianisme en la personne de Jésus a renforcé le mouvement d'humanisation du Christ au détriment de sa divinité. (...) A partir de ce moment là, Jésus devient au mieux un fondateur d'ordre, habité par une transcendance dont il ne serait pas issu. Il en a le rayonnement. Il en a l'autorité. Dans une société on ne peut plus patriarcale, il invite ses disciples à abandonner leur père. Dans une tribu où le fils aîné a pour mission de fermer les yeux du père mourrant il proclame "Laissons les morts enterrer les morts". Il incite les fidèles à se libérer de toute attache et à accéder à la disponibilité permanente. En fait il n'est peut-être pas le premier révolutionnaire, mais il est le premier Juif errant. Il ne voit plus de racine qu'au ciel et c'est lui qui inaugure le grand dialogue de la modernité entre la terrible absence de Dieu et la tenace quête du divin.

Sur la base de la prédication de Jésus, dont on ne sait finalement pasbeaucoup de choses, sinon le sens, on créa l'Inquisition. Mais aussi s'attachèrent à ce personnage que j'ai la faiblesse de croire historique, des hommes comme François d'Assise, Vincent de Paul, l'abbé Pierre, Mère Thérésa, soeur Emmanuelle, William Booth fondateur de l'Armée du salut, Albert Schweitzer le pasteur-médecin de Lambaréné, Martin Luther King et tant d'autres anonymes dont l'histoire n'a pas retenu le nom.

Hélas, en ce début de XXIe siècle, c'est le fondamentlisme protestant qui engrange les conversion "à tire la rigo". C'est ainsi qu'en Amérique Latine, on estime que dans une vingtained'années il y aura plus d'évangéliques que de catholiques ! Ce qui a fait dire que Jean-Paul II craignait, pour cette partie du monde, la victoire de Marx, mais que c'est Luther qui est arrivé ! L'Afrique n'échappe pas au phénomène, et même en Europe les protestants évangéliques vont devenit plus nombreux que les "classiques" et les libéraux.

L'Humanisme est en danger. Si, à Dieu ne plaise (!), la frange la plus réactionnaire du christianisme devait devenir majoritaire, la démocratie paierait la note, et la paierait chère. Le créationnisme serait à nouveau enseigné, comme dans certaines écoles des Etats-Unis, l'homophobie serait la règle, l'intolérance serait érigée en vertu, et les générations futures auraient une QI identique à celui d'une huitre !

Pour terminer je me permet de conseiller la lecture de deux ouvrages : "Chalom Jésus ! Lettre d'un rabbin d'aujourd'hui au rabbi de Nazareth" de Jacques Grunewald, Albin Michel éd. - et "Jésus rendu aux siens. Enquête en Israël sur une énigme de vingt siècles". de Salomon Malka, Albin Michel éd.

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piotr 16/01/2009 15:01

Pour les passionnés, Didier a mis en ligne son livre "le nom divin dans le Nouveau Testament" ou comment on est a déifier Jésus en falsifiant les soit disant Saintes Ecritures.
http://www.areopage.net/name.html/

piotr

Jacques cécius 15/01/2009 15:04

Effectivement.
Dans la première partie j'avais déjà signalé que l'affirmation de l'incarnation de YHWH (Dieu) était un blasphème.

piotr 15/01/2009 14:03

Notamment celui relatant que l'Apôtre Thomas mit le doigt dans les plaies du Christ en s'écriant "Mon Seigneur et mon Dieu". Là aussi, manifestement, il s'agit d'une interpollation, c'est à dire d'un ajout pour les besoins de la cause.

impossible à un juif de prononcer ...."Mon Seigneur et mon Dieu" car le seul Seigneur est le Seigneur Dieu pour les juifs et prononcer le mot "Dieu" pour un juif est extrêmement rare ...et donc ....