Proudhon, l'anarchiste "modéré"

Publié le

Personnalité attachante, Pierre-Jospeh Proudhon (1809-1864), avant de devenir un des théoriciens de l'anarchisme, naquit (sic) au sein d'une famille plus que modeste d'artisans tonneliers, à Besançon.

Comme je l'ai écris dans mon péché de vieillesse "L'Anarchisme, une utopie nécessairte?"
(Labor éd.), Proudon étudie et cherche tout au long de sa vie, malgré les épreuvesqui tombent sur luicomme la vérole sur le bas clergé.

Comme beacoup de militants ouvriers il exerce la profesion de typographe. Ayant obtenu une bourse de l'Académie de Besançon il s'en va alors pour Paris.

Il écrit la plus sulfureuse de ses brochures "Qu'est-ce que la propriété". Sa réponse est nette et sans bavure : C'est le vol !  Ensuite il y  va d'un "Avertissement aux propriétaires". Il est, pour cela, attrait devant un tribunal qui l'acquitte.

Il devient ensuite comptable à Lyon, avant de s'en retourner à Paris. où il écrit "La création de l'ordre dans l'humanité" et "Le système des contradictions économiques ou philosophie de la misère", qui lui vaut une répliquecinglante et de mauvaise foi de Karl Marx : "Misère de la philosophie".

La même année il avait été fait maçon en la loge SPUCAR, Orient de Besançon.  Lors de son interrogatoire, à la question "Quels sont vos devoirs envers Dieu" il avait répondu "Lui faire la guerre!".

Plutôt pacifique il ne prend qu'une part toute relative à la Révolution de 1848. Assez curieusement il se laisse élire député par acclamations (!) ce qui lui épargne de courir de marchés publics en réunions tardives pour se livrer au dur exercice du serrage de pinces. (op. c.).

Le Sarko de l'époque, Napoléon III, surnommé Badinguet, arrive aupouvoir par un coup d'état. Proudhon s'enfuit en Belgique, et réside quelques jours à Spa, mon patelin, où il fait la connaissance du carbonari Félix Delhasse,militant de l'aile gauche du Parti libéral.  Le mouvement carbonari avait été créé par Buonarotti, qui se voulait le continuateur des idées de Babeuf.

En Belgique il fréquente les loges maçonniques, notamment à Namur , et participe à la revue Le Monde Maçonnique.

Bien que non violent, il est un adversaire résolu de l'Etat. Individualiste il n'est pas contre une certaine propriété privée, qui nomme "possession". Il entend, grâce à la "possession", encourager l'homme... au travail !
C'est un anti-collectiviste convaincu ce qui l'opposera, comme indiqué ci-avant, à Marx qui le traitait de "petit bourgeois", ce à quoi Proudhon répliquait au beau bardui, Marx, qu'il était le "ténia du socialisme". Ambiance !

Proudhon prônait le fédéralisme, regroupement de coopérateurs, de communes et d'hommes unis par des contrats librement consentis.

Amusant : cet homme aux idées hardies, qui effrayait la bourgeoisie au teint vert, était un défenseur de la famille et des bonnes moeurs, ce qui va à l'encontre de l'opinion courante selon laquelle les anars seraient de joyeux lurions se vautrant dans le stupre et la fornication...

Voila un extrait significatif de sa pensée,  de son opposition à la violence : Peut-être conservez-vous encore l'opinion qu'aucune réforme n'est actuellement possible sans un coup de main, sans ce qu'on appelait jadis une révolution, et qui n'est tout bonnement qu'une secousse. (...) Je crois que nous n'avons pas besoin de cela pour réussir; et qu'en conséquence nous ne devons pas poser l'action révolutionnaire comme moyen de réforme sociale, parce que ce prétendu moyen serait tout simplement un appel à la force, à l'arbitraire, bref une contradiction.  (...) Je préfère donc faire brûler la propriété à petit feu, plutôt que de lui donner une nouvelle force, en faisant une Saint-Barthélemy des propriétaires. (Lettre à Marx,  1846).







Commenter cet article

Jacques cécius 17/01/2009 11:37

Ton texte est d'une logique implacable ! Il n'y a plus de gauche réellement, et au sens le plus noble du terme, démocratique. Le PS c'est en réalité la sociale-démocratie molle. Les PCF, LCR, etc... c'est la dictature assurée. Le FN, aussi. Le Modem de Bayrou n'est qu'un groupuscule sans consistance et qui oscille en centre-droit et centre-gauche.
Sarko, s'il continue, déclarera la guerre ouverte aux organisations syndicales. Et le taux de syndicalisation en France est faible... De plus il sait jouer sur le mécontentement de la population. Je ne suis pas sûr, mais pas sûr du tout, que si demain les français votaient, il ne sortirait pas encore plus fort de la compétition électorale !
L'avenir ? Chi lo sa ?

nicolas dupond 16/01/2009 16:40

Jacques,

Je ne connais pas votre situation en Belgique.

Mais au regard de mes positions, je ne vais pas voter UMP (Sarko), son frères jumeau NC (Nouveau Centre) et sa version soft MODEM, d'autant plus que Bayrou tout comme Ségolène manque de charisme.

Je me méfie de l'extrême gauche donc pas de LCR, de LO ou autres.

Il n'y a pas de parti anar (ce qui paraît logique du point de vue des idées qu'ils professent) et encore certains anarchistes sont pour moi violents.

Je ne vais pas voter tout de même facho (FN ou autre).

que me reste-t'il?

- de la droite dure conservatrice et nationaliste limite extrême droite type de Villiers (très peu pour moi, je suis athée)

- le PC. Comme le PS, beaucoup ont viré leur cuti quoique au vu du train de vie et des positions notamment anti syndicats de la nomenklatura de l'ex URSS, on peut se poser la question. Par ailleurs, le système marxiste léniniste était loin d'être démocratique.

- le Parti de Gauche (celui de Mélenchon). Un groupuscule et que cherche réellement Mélenchon dont j'apprécie néanmoins la prose sur son blog? De plus, il se met avec le PCF et apprécie fortement Chavez, le Président Vénézuélien, un profil douteux que certains classent comme national révolutionnaire (en Belgique plus qu'en France vous savez ce que ça signifie).

- le Parti Socialiste souvent rallié au Radicaux de Gauche qui ont nettement tendance à vouloir maintenant se rapprocher du Sarko. Eux, ils se sont vachement embourgeoisés. De plus, je ne vais pas voter pour des mecs de droite qui m'imposent chaque jour le management de la World Compagny.

- le mouvement citoyen (qui de toute façon n'existe plus). Chevènement a tantôt fait cavalier seul, tantôt il s'est allié avec la gauche, d'autre fois avec des hommes de droite. Que penser d'un tel parcours?

C'est sûr s'abstenir n'est pas la solution idéale mais que faire d'autre?

De toute façon, comme les choses partent et au regard du paysage politique, il se pourrait malheureusement bien qu'on entende à nouveau le bruit des bottes à Paris (et ailleurs) comme en 40.

Soit Sarko renforce son autoritarisme suite à des mouvements sociaux durs qu'il pourra éventuellement manipuler ou instrumentaliser.

Soit il est renversé par un populiste du type Chavez (dont le coeur fait des va et vient entre les deux extrêmes même s'il se dit révolutionnaire), un profil dont il faut se méfier et qui pourra endormir les gens du Peuple.

piotr 16/01/2009 15:03

"Proudon étudie et cherche tout au long de sa vie, malgré les épreuves qui tombent sur lui comme la vérole sur le bas clergé." .... tu as de ces expressions qui ont l'art de me mettre de bonne humeur toute la journée ...

Jacques cécius 16/01/2009 13:55

Moi aussi je me méfie des collectivismes : P.C. - Trotskos - et autres.
Mais l'abstention que j'ai pratiquée longtemps est-elle une solution ? Les collectivistes, les fachos, ne s'abstiennent pas...

nicolas dupond 16/01/2009 13:47

Je remarque avec amusement ironique que c'est Marx issu de le noblesse et de la haute bourgeoisie qui favorisait le collectivisme alors que Proudhon venant d'un milieu modeste n'était pas opposé à la propriété (je suppose la petite propriété type sa maison).

Pour les industries, je pense qu'il devait songer aux coopératives, propriété collective des travailleurs.

Personnellement, je serais plus favorable à l'option de Proudhon.

C'est d'ailleurs pour cela que je suis méfiant vis à vis de Besancenot et des autres leaders trotskystes.

Comme je le dis souvent ici ou ailleurs, il n'existe donc plus d'option politique susceptible de me représenter, les grands partis étant de surcroît devenus tous de droite.

Il reste une solution: l'abstention.