L'Eglise catholique française de l'abbé Chatel

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L'abbé Chatel, prêtre catholique romain, fut un temps aumonier dans l'armée française, sous la Restauration.

La Révolution dite de Juillet l'obligea à rentrer dans la vie civile, alors que notre homme n'avait point manifesté de sentiments royalistes, mais s'était contenté de servir là où il avait été désigné pour veiller à la bonne moralité des soldats.

En délicatesse avec sa hiérarchie, il y alla d'une missive aux maires de France, dans laquelle il offrait ses services. Aucun n'accepta, le considérant probablement comme un original.

Il chercha alors à s'adjoindre des disciples et y parvint. Il s'adressa  au préfet de la Seine. Celui-ci l'autorisa à  fonder sa propre Eglise, fidèleun temps aux dogmes catholiques, mais schismatique en ce qu'elle ne reconnaissait pas l'autorité du pape. Le français fut élevé au rang de langue liturgique avec près de 120 ans d'avance.

Il parvint à convaincre l'ancien évêque constitutionnel de Saône-et-Loire, Mgr Poulard, lequel ordonna deux prêtres de la nouvelle Eglise. Cependant il refusa de consacrer évêque l'abbé Chatel. Furibard ce dernier s'adressa à ce curieux personnage qu'était Fabre-Palaprat, prêtre défroqué et fondateur de l'Ordre  du Temple ( ! ), qui succédait à la "Société de l'aloyau" ! ! !

Consacré évêque désormais, par un ancien prêtre ( ! ), Chatel se donna le titre de Primat des Gaules.

Ne pouvant dire la messe dans aucune église, il acheta une ancienne grange et, à l'instar de Luther, fit afficher ses thèses sur la porte de celle-ci.

Dans le texte qui fit très vite parler de lui, il exprimait qu'une réforme profonde de l'Eglise romaine était nécessaire, que lui, Mgr Chatel, allait ramener l'institution romaine à la pureté primitive, et qu'il avait été chargé de créer une nouvelle alliance endre Dieu et les hommes.

Malgré tout, le texte précité proclamait la primauté de la Raison  sur la foi, et rejetait les décision conciliaires de Nicée et autres. L'autorité du pape était rejetée et, commechez les protestants, la Bible était l'autorité suprême. Les sacrements étaient conservés, mais l'eucharistie n'était plus le renouvellement du sacrifice du Christ, mais une agape à laquelle le peuple de Dieu était convié. Le célibat des prêtres était aboli.

Les autorités ecclésiastiques firent pression sur les autorités civiles, comme on peut bien l'imaginer, et le préfet de police fit fermer le lieu de culte parisien du boulevard saint-Martin. Ses collègues d'autres départements firent de même. C'était la fin de l'Eglise fondée par C hatel.

Cependant, en 1907, une nouvelle Eglise catholique française fit créée par un prêlat de l'Eglise vieille-catholique, qui avait été consacré" à Colombo par un évêque jacobite, Mgr Vilatte.

Soutenu par Aristide Briand,  il créa de nombreuses associations cultuelles, avant de se convertir à l'Eglise catholique et de finirses jours dans un monastère.

De nos jours les associations cultuelles ont formé une Eglise catholique et apostolique gallicane, particluièrement active dans la région bordelaise, et qui compte plus de 30.000 fidèles, ce y compris en Belgique, qui eut durant quelques années un évêque établi à Liège.

Feu Mgr Truchemotte fut le Patriarche de l'Eglise gallicane durant de nombreuses années. Il était particulièrement actif, et de nombreuses paroisses se créèrent. Notons, pour la petite histoire que Mgr Truchemotte, auquel le gendre a succédé, était "docteur en philosophie homéopathique" ( ! ).

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Mgr Serge B. 23/07/2009 14:35

Outre l'Eglise Gallicane de la Tradition du Gazinet (de feu Mgr Truchemotte), évoluant dans un syncrétisme délirant, d'autres branches du Gallicanisme se sont développées en France.

Jean Claude Barbier 25/01/2009 20:19

Une figure tout à fait intéressante qui est reconnue par l'Eglise gallicane (malgré son arianisme !)
http://www.gallican.org/chatel.htm
Merci à Jacques pour ses informations bien documentées. Jean-Claude

piotr 22/01/2009 12:14

c'est dingue ...les délires religeux çà travers les âges