L'anarcho-syndicalisme aujourd'hui

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La grêve à la gare Saint-Lazare, menée par le syndicat SUD fut l'occasion pour certains d'évoquer l'anarcho-syndicalisme, alors qu'en fait ses militants viennent en grande partie de trotskysme d'Olivier Besancenot.

L'anarcho-syndicalisme, qui connu un succès certain au début du XXe siécle, a le mérite de n'être pas inféodé à un parti politique, contrairement, par exemple, à la C.G.T. bras armé du Parti communiste français.

Comme je l'ai écris dans mon modeste ouvrage "L'Anarchisme : une utopie nécessaire ?", L'antiparlementarisme est une des constantes de l'anarcho-syndicalisme. En cela il se distingue des organisations réformistes (FGTB et CSC en Belgique) ou communiste (CGT en France).

Soyons clair, cette tendance de l'anarchisme ne représente pas une menace sérieuse pour les autres syndicats. Ni pour le patronat. En Belgique ses militants se comptent sur les doigts des deux mains. En France ils sont quelques centaines, même si deux ou trois mille sympathisants défilent derrière le drapeau noir et rouge, en de rares occasions.

Ce que les syndicalistes anarchistes reprochent aux autres syndicats, c'est plus particulièrement leur colaboration avec des partis politiques. Pour prendre l'exemple du Royaume de Belgique, on parle, en ce qui concerne la FGTB de "syndicat socialiste".

Le slogande l'anarcho-syndicalisme  : "Le salariat est la forme moderne de l'esclavage !", formule née en 1905 lors du Congrès d'Amiens de la CGT, qui n'était pas inféodée au Parti communiste, et pour cause : il n'était pas encore né !

L'anarcho-syndicalisme entend former les travailleurs, et non seulement revendiquer. Il veut "conscientiser". Fernand Pelloutier (1867-1901), fondateur des Bourses du travail, disait "nous devons être des amants passionnés de la culture de soi-même".

Aujourd'hui les anarcho-syndicalistes, en France, sont divisés en "pragmatiques", les plus nombreux, et "orthodoxes", ces derniers n'ayant plus guère d'influence. Ils sont regroupés, en ce qui concerne la tendance "pragmatique", dans la Confédération nationale du travail (CNT), laquelle a quelques délégués dans des comités d'entreprise, où la CGT leur mène la vie dure. Ils ont été exclus de l'Association internationale du travail (AIT), ce dont ils semblent ne guère se soucier.

En Belgique, quelques courageux militants tentent, sans succès, de relancer l'anarcho-syndicalisme, avec le Coordination autonome des travailleurs (CAT). La CAT a tenu un premier congrès, passé inaperçu, en 1998.

Les anarchistes se doivent de se poser des question, notamment celle de savoir si leur lutte ne serait pas plus utile au sein des syndicats traditionnels, où ils pourraient tenter de former un fraction agissante et dynamique. Ils pourraient, mais la chose ne serait pas facile, convaincre les militants de se méfier des partis, socialiste ou ChH (les chrétiens démocrates déguisés).

Actuellement les syndicats, pour ceux qui y adhèrent, et ils sont nombreux en Belgique, servent surtout de relais pour le paiement des allocations de chômage. Comme le disait un jour un ami, ancien permanent, "si cette situation devait changer, nous perdrions une bonne partie de nos adhérents ! ". Et c'est vrai.

Des dirigeants syndicaux comme André Renard, que craignaient beaucoup de mandataires socialistes, ou Jacques Yerna, décédé il y a un peu plus d'un an, faisaient cependant tous deux partie du P.S. Mais ils n'y étaient guère appréciés parce qu'ils refusaient d'être "des hommes d'appareil". S'ils avaient été, moins bassement parfois, combattus ils seraient peut-être arrivés à faire en sorte que les organisations syndicales n'aient plus pour slogan non affiché "pas de vagues camarades, jouons à la belote !".

On peut toujours rêver... Mais les multinationales tiennent bien les choses en main, avec l'aide eficace des gouvernements. Leur arme : les menaces de délocalisation. Et  les travailleurs ont peur ! On peut les comprendre. Cependant la paupérisation des masses que prévoyait Marx, lequel haïsait les anars, est en marche. Peut-être alors un grand réveil se fera-t-il lorsque la majorité des familles connaîtra la misère. Mais cette perspective est triste...



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nicolas dupond 23/01/2009 15:13

Bien d'accord avec toi sur les dernières lignes.

En France, il faut savoir que la CNT est bien plus virulente (voire violente) que SUD, d'où peut être son faible nombre de syndiqués alors que SUD accroît le nombre de ses adhérents.