La franc-maçonnerie anglaise : bel exemple de dogmatisme

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La maçonnerie anglaise, "régulière" et donneuse de leçons, est née en 1717, avec la réunion de quatre loges londoniennes, dans une auberge dont le nom fait saliver les épicuriens : "L'oie et le grill"...

Certains auuteurs veulent faire remonter l'origine de la maçonnerie spéculative à la fin du XVIe siècle. Il s'agit là de haute fantaisie, comme la maçonnerie anglaise aime à propager.

Les maçons  londoniens, formaient un "service club" comme il est ceux qui existent de nos jours, voué à la harité, et c'est très bien. La preuve en est que le "rituel" était réduit à sa plus simple expression.
Autour d'un table bien garnie, du moins nous l'espérons, les maçons entendaient, après que le Maître de la loge ait déclaré les Travaux ouverts, le rapport du frère chargé de la charité, qui était bien réelle, et n'était pas réservée aux francs-maçons il faut le souligner.
Après quoi le repas et les libations reprenaient jusqu'à ce que le Maître décide que la soirée était terminée.

En 1717, point question d'initiation. Ce terme apparait trois ans plus tard dans l'ouvrage d'un adversaire de la maçonnerie, un certain Pritchard.

Mon Dieu, le qualificatif "d'initié" sonnait bien et flattait  celui qui y croyait. Alors, pourquoi pas ? On est bien initié au jeu de pétanque, à la sexualité, ou à la pataphysique.

Sans crainte de se tromper on peut affirmer, avec le professeur Nefontaine (Insitut d'histoire des religions et de la laïcité, Unuiversité de Bruxelles), que la franc-maçonnerie fut fille du protestantisme.  Cela étant des catholiques, des unitariens, des déistes, des théistes, participaient à la vie maçonnique anglaise. Etaient exclus les athées. Pour les anglais Helvetius, par exemple, n'était pas digne de devnir frère ! Et cela d'autant plus qu'en 1717 il n'avait que deux ans...

Comme la race humaine est cousine de celle des chimpanzés ou des bonobos, la maçonnerie est cousine du christianisme réformé.

Dans un précédent article j'ai, si mes souvenirs sont bons (et ils ne le sont pas toujours) évoqué le rôle de deux pasteurs : Anderson et Désagulier. Le premier, nous disent les anglais, est l'auteur des "Constitutions" qui portent son nom mais dont, en fait,  il n'est pas sûr qu'il en soit le père.

Ces "Constitutions" rejettent les athées, les femmes, les esclaves et les handicapés !  Pour le moins l'auteur des "Constitutions" était macho, réac et avait un pavé à la place du coeur. Heureusement, plus tard les maçons anglais, se rendant compte de la bévue de l'auteur du texte susmentionné,  ont créé une loge réservée au non voyants. Bravo les gars !

Pour en revenir aux "rituels" en usage à l'époque, Neville Cryer, de la Grande Loge Unie d'Angleterre, affirme dans "Maçonnerie et maçonneries" sous la direction de Jean Marx (Editions de l'Université de Bruxelles), Mais la parution de livres contenant  des rituels "irréguliers", et surtout d'un livre intitulé "La maçonnerie disséquée", a obligé la Grande Loge à changer le rituel (...) .

Ceci est amusant lorsqu'on sait que lors de l'acceptation d'un nouveau membre la table restait en place, qu'un "Tapis de loge" était dessiné à la craie, sur le sol, que l'impétrant était introduit et devnait maçon en deux coups de cuillère à pot (le pot de moutarde servant à agrément la cuisine anglaise qui, comme chacun le sait est insipide). Alors dire que les maçons durent chager le "rituel" ne peut que faire sourire. 

Peut-on  parler de "rituel" ? Oui, peut-être... Mais un rituel d'autant plus beau qu'il était bref, très, mais alors très bref. Daileurs Nevilkle Cryer est bien obligé d'admettre que Les cérémonies étaient très courtes (...) Finalement le candidat entendait une explication du degré au moyen d'un catéchisme (...) la cérémonie se passait autour d'une table où les membres dînaient un peu plus tard. (...) Pendant la duée de la cérémonie, l'on prenait des temps de récréation pour boire et fumer, mais pas pendant la cérémonie elle-même (...)  (op. c.).


Tout ceci est d'autant plus amusant que des maçons spiritualistes s'indigent aujourd'hui de ce que, dans certaines loges, les rituels soient réduits au maximum. Ces mêmes maçons emploient des qualificatifs comme "espace sacré" ( ! ) lorsque les Travaux ont été ouverts...  N'y voyez aucune ironie, mais un certain étonnement, surtout lorsque le qualificatif "d'espace sacré" est utilisé par des frères athées et par ailleurs estimables ! Mais je ne vais pas, avec mes frères spiritualistes, pour la plupart meilleurs maçons que moi, engager une guerre sur les termes.


A SUIVRE



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Jacques cécius 03/02/2009 12:54

Stef, parlons plutôt de sérieux.
La plupart des athées refusent, et c'est leur droit, le caractère sacré des églises, synagogue, etc...

Stéphane 03/02/2009 09:18

Je ne vois pas pourquoi le terme "espace sacré" ne pourrait pas être utilisé par un Maçon athée : le sacré ne réfère pas nécessairement à une déité.

Jacques cécius 01/02/2009 12:41

Effectivement les deux tomes du professeur Nefontaine sur le symbolisme change du délire des Boucher, Wurth, Plantagenet et Guénon.
Il faut aussi démystifier la maçonnerie, en disant ce qu'elle est réellement, et la sortant du carcan "société initiatique" qui a des relents de secte.

Philippe BOUVIER 31/01/2009 21:36

Ouah! C'est rafraichissant de voir les pendules remises à l'heure sur l'origine de la FM spéculative, 1717 et non pas la nuit des temps...
Et très heureux de lire le nom du professeur Luc Nefontaine.
Son livre "le symbole" aux éditions Dervy fut pour moi le premier livre qui me réconcilia avec la littérature maçonnique tellement indigeste des Wirth, Boucher, Bayard, Pozarnick Alban et j'en passe, passages obligés des apprentis impatients de comprendre.
Pour ma part , ils ne m'ont rien fait comprendre et, seul, Luc Nefontaine a écrit les mots qui, les premiers, m'ont permis d'y voir un peu plus clair et de remettre le symbolisme à sa place dans le travail du maçon.
Sinon, j'attends la suite avec impatience (je sais , ce n'est pas maçonnique...)