Ravachol : saint ou assassin ?

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Saint pour les uns (anarchistes le plus souvent et même toujours), assassin pour les autres  (sociaux-démocrates, communistes, et engeance de droite), François Claudius Ravachol, fils d'un hollandais du nom de Koenigstein, journalier, et de damoiselle Ravachol, tous deux adversaires des liens sacré du mariage, Ravachol naquit le jour ou le fils du roy niqua, c'est à dire, comme chacun le sait, le 14 octobre de l'an de grâce 1859. Cette année là le Beaujolais nouveau fut excellent. Cela n'empêcha pas que le gosse connu la pauvreté qui était le lot de la plupart des familles de prolétaires de l'époque qui devaient se contenter de gros rouge qui tache et de pain bis.

On ne sait trop pourquoi, peut-être sur insistance du maire d'Izieux, papa et maman décidèrent de convoler en justes noces. Ce qui eut pour conséquence que le petit François s'appela désormais Koenigstein, nom auquel il ne put jamais se faire, Dieu seul sait pourquoi.

François perd son père alors qu'il a huit ans, et sa mère est obligée de l'envoyer paître... les vaches des fermiers de la région. Il n'est resté que deux années à l'école...

Quelques années plus tard il se met à lire tout ouvrage qui lui tombait sous la main et qui traitait de l'anarchisme. Mais, auparavant il avait été un bon petit chrétien, comme il le déclarera à un juge d'instruction d. Bien après n'avoir plus été un bon petit chrétien et être devenu un révolté.

Au même magistrat il déclarera Pour moi, l'anarchie est la suppression de toutes les causes qui divisent les hommes, surout la suppression des intérêts individuels qui les rendent méchants.

Désormais libre-penseur, après avoir entendu une conférence anticléricale, il quitte la campagne encore sous le joug de l'Eglise, pour s'établir à Saint-Etienne, avec sa mère. Il y devient ouvrier teinturier.
Au sein de l'usine où il travaille il n'hésite pas à parler à ses camarades de travail de l'anrchie libératrice.

Il quitte cependant son travail et se trouve démuni. Il considérait qu'il n'était pas fait pour une vie d'esclave, mais qu'il avait le droit, lui l'ancien vacher, de ne pas porter des guenilles comme ses anciens camarades. Il s'arrangerat donc pour se procurer des habits dont l'élégance ravissait peut-être sa mère, mais étonnait ses copains.

Mais les vêtements coutent cher, et de plus il faut assurer "la matérielle". Le pain n'est pas gratuit, la bidoche non plus. Alors, que faire, sinon voler ? Et il n'est pas facile de voler régulièrement sans un jour être amené à tuer...

Son premier crime il le commet le 26 mars 1886 en envoyant "ad Patres" un nonagénaire surnommé Bondieu (!) et sa bonne. Rien de bien golrieux ! Peut-être pensait-il que les deux vieillards étaient déja proches de l'enfouisement au cimetière municipal, et qu'il ne faisait que leur faire gagner du temps...

La victime, brocanteur de son métier, n'était pas sans rien. Ravachol s'empara des pièces d'or cachées dans la maison. Un petit pactole bien utile pour un sans emploi.

André Salmon ("La terreur noire", 10/18 éd.), élimine la légende selon laquelle Bondieu aurait fait partie de la secte des béguins, disparue depuis longtemps. En fait il est grandement probable que Bondieu achetait les produits de leurs larcins à des voleurs, qu'il recevait le nuit.

N'en restant pas là, Ravachol viole une caveau dans le but de  s'emparer des bijoux que portait une certaine dame de La Rochetaillée. Horreur et putréfaction, c'est le cas de le dire, la dite dame n'a pas un bijou, fut-il en toc, sur elle...

Déçu, on le comprend, il se renseigne alors sur un curieux personnge, plus âgé encore que Bondieu, et ancien Fère des écoles chrétiennes, le Frère Brunel, qui vit en ermite dans une masure branlante.
Frère Brunel ne se porte pas mal, grâce à la  charité publique.

L'ermite, on ne sait trop pourquoi, accueille Ravachol avec une certaine sympathie. S'il avait su que notre homme n'ignorait pas qu'il cachait l'argent récolté en mendiant et en vendant quelques chapelets et médailles, dans son matelas, il eut été plus méfiant et n'eut pas été étranglé...

Ravachol dut revenir, après son crime, une seconde fois, tellement la masure contenait de pièces amassées en une cinquantaines d'années. Et il revint en compagnie d'une jeune femme devenue sa maîtresse. Il faut bien que le corps exhulte !

Le terrible Ravachol échappa de peu à l'arrestation, car la police stéphanoise avait récolté des renseignements précieux. Il parvint à lui échapper.

Peu de temps après il assomme et dépouille des quincaillières, mère et fille. Les deux femmes ne survivront pas aux coups reçus sur le crâne. L'argent se trouvant dans le tiroir-caisse passe dans les poches du "gentleman cambrioleur" (sic, sic et resic).


A SUIVRE





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nicolas dupond 05/02/2009 10:11

Ravachol a laissé également derrière lui une chanson, "la Ravachole" qui est la carmagnole des anarchistes.

Par les temps qui courent, je n'en laisse pas les paroles, ayant peur d'être embastillé pour "ultragauchisme".