Monseigneur Grégoire apôtre d'un christianisme tolérant

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Henri Grégoire (1750-1831), prêtre et ensuite évêque. ,Fut-il farnc-maçon ? La question reste sans réponse. La chose étant, beaucoup d'auteurs pensent, voire affirment, qu'il fut membre de la loge "L'Harmonie" à l'Orient de Paris. Ce qui est sûr c'est qu'il était digne de l'être.


Quoi qu'il soit, ce fut un être d'exception grâce auquel, avec l'aide de quelques autres,  protestants et juifs furent reconnus comme des français à part entière.


Lorsque la Constitution civile du clergé fut promulguée par la République, en 1790, il opta pour la démocratie en devenant "prêtre jureur". Cette constitution prévoyait notamment l'élection des membres du clergé par les ciitoyens, c'est à dire que les paroisses choisissaient leur curé, et non plus Rome. Les évêques étaient eux-aussi, élus, comme dans l'Eglise primitive, il faut le souligner.

L'emprise du Vatican sur l'Etat devait prendre fin, et c'est la raison pour laquelle la République avait décidé qu'il était indispensable que la hiérarchie et le clergé soient fidèles au nouveau régime, d'autant plus qu'une bonne partie des prêtres, encouragés par le pape, était monarchiste. En Vendée, par exemple, les prêtres réfractairres au serment, qui cependant n'allait à l'encontre d'aucun des dogmes romains, encourageaient le petit peuple à prendre les armes "pour Dieu et pour le Roy". Avouons-le la répression fut sévère, à la mesure des crimes commis par les chouans fanatiques et sans pitié pourles prêtres jureurs qui étaient mis à mort au nom du Christ !


Le pape Pie VI considéra cette constitution comme hérétique (!) et shismatique car, disait-il,  niant son pouvoir spirituel, ce qui était absolument faux. Jamais la République ne contesta que le pape était le chef de l'Eglise.Celui-ci  fut suivit par une majorité d'ecclésiastiques, lesquels, il faut le dire, furent pourchassés et parfois, hélas, exécutés. Tout révolution, aussi noble (sic) soit-elle, comporte des abus.


Des évêques, favorables à la Révolution consacrèrent des prêtres à l'épiscopat, consécrations par ailleurs régulières au point de vue canonique, ce qui embarassa l'Eglise, on le conçoit.


Mgr Henri Grégoire, qui avait été élu à la Convention nationale, obtint l'abolition de l'esclavage, que Napoléon rétablit par la suite. Il contribua à la création du Conservatoire national des Arts et Métiers, et de l'Institut.

Il était à la fois homme de prière et d'action. Les deux choses, pour lui, allaient de pair. Cela semble normal de nos jours aux catholiques, mais à l'époque il n'en n'allait pas de même, loin s'en faut.


En 1795, Grégoire et d'autres évêques constitutionnels, avaient créé un Comité des évêques afin de prévoir l'avenir, car, malgré ses qualités de coeur, notre homme n'était pas parvenu à convaincre ses confrères non-jureurs  de la valeur des consécrations d'évêquesfidèles à la République. Il avait obtenu le soutient de Talleyrand, mais cela ne suffisait pas pour qu'un peuple en grande partie illettré se rende compte de ce que la Vatican, depuis toujours, voulait rêgner sur les Etats catholiques.


En 1801 Napoléon le pragmatique avait signé un Concordat avec le pape, qui prévoyait des mesures vexatoires pour les évêques jureurs, ce que ces derniers ne pouvaient accepter. Un souverain étranger, le pape, reprenait en main l'Eglise de France, et nommait les évêque d'un pays qui n'était pas le sien. C'est d'ailleurs toujours le cas aujourd'hui. Ne nous étonnons pas de ce que la Vatican tienne tant au pouvoir temporel du Souverain Pontife, ce qui lui permet d'influencer, ou de tenter de le faire, les Etats à majorité catholique, entre-autres dans les questions de bio-éthique, d'interruption volontaire de grosesse, etc... Mais aussi de nommer des évêques conservateurs dans des pays d'Amérique latine, évêques qui soutiennent bien entendu les grands propriétaires terrines. Soit. Entre les "théologiens de la libération" et l'Opus Dei, son bras armé, Rome a choisit...


Revenons à l'évêque Grégoire. Il avait réunit un "concile", peu avant la signature du Concordat, avec le soutient discret de Fouché (ce qui n'était pas une référence, reconnaissons-le).

Le Concordat ayant été signé, les "pères concilaires" se séparèrent.


Grégoire sentant qu'il courrait des risques, ne se battit pas pas contre Napoléon, il ne faisait d'ailleurs pas le poids et le savait. Cependant il tenait à son titre d'évêque, plus par idéal démocratique que par orgueil. Car orgueilleux il ne le fut jamais.


Devenu membre du Sénat de la République il combattit néanmoins les despotisme impérial, car il était  protégé par cette désignation.


Il prit parti pour la Révolution de 1830, qui tourna court puisque Louis-Philippe monta sur le trône, à la grande déception de ceux qui avaient espéré que la démocratie allait désormais s'installer en terre de France.

Mgr Grégoire contacta ses amis dans l'espoir de faire naître une Eglise, certes catholique quant aux dogmes, mais gallicane. Hélas  il avait un adversaire de taille, l'archevêque de Paris, Mgr de Quélen, royaliste convaincu et bien noté par le falot roi bourgeois.


Digne jusqu'au boût il mourrut dans uen extrême pauvreté. L'archevêque ayant refusé qu'il reçoive les derniers sacrements,sauf reniement de ses idées, un prêtre courageux passa outre, et Monseigneur Grégoire quitta cette terre conscient d'être toute sa vie resté un catholique fidèle à son Eglise,  même s'il s'opposa au pape.


Sa mémoire peut être vénérée par ceux qui se battent, actuellement, contre ceux qui voudraient remettre en cause les principes de la laïcité en République de France.

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piotr 23/11/2008 20:13

c'est fou ce que j'apprends ......